Gabon: Décryptage des déclarations du coordinateur général du Groupe EBOMAF : Entre contradictions et contrevérités

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Le récent discours du coordinateur général du Groupe EBOMAF, Aboubacar Sidiki Beye, laisse perplexe et soulève de nombreuses interrogations. Face à ses affirmations, il est essentiel de revenir sur les faits et d’analyser de manière objective les incohérences contenues dans ses propos. À travers une étude minutieuse, il apparaît clairement que ces déclarations relèvent davantage de la désinformation que d’une réelle volonté d’éclairer la situation.

 

1. Le non-respect des engagements par l’État gabonais : Une accusation sans fondement.

Selon Aboubacar Sidiki Beye, l’État gabonais n’aurait pas respecté ses engagements dans le cadre de la concession accordée à EBOMAF. Or, il est évident que c’est EBOMAF lui-même qui n’a respecté aucune des conditions suspensives nécessaires à l’entrée en vigueur de cette concession. Parmi les irrégularités constatées :

– L’absence de plan d’investissement : Aucun document n’a été transmis à l’État gabonais.

– L’absence d’actes de transfert de propriété des unités navales : Les navires opérés par EBOMAF Gabon ne disposent pas de documents de propriété valides. Le cas du IB Atlantic 3, qui navigue depuis son arrivée sans papiers, en est une preuve manifeste.

– L’absence de certificats et titres de navigabilité délivrés par l’autorité maritime : Le seul navire exploité n’a obtenu aucune autorisation, faute de transmission des documents nécessaires.

– Le manque d’un plan de construction et de réhabilitation des infrastructures portuaires : Aucun plan n’a été fourni sous prétexte de litiges fonciers.

 

Ces omissions majeures montrent que l’État gabonais ne peut être tenu responsable, contrairement aux affirmations de Sidiki Beye. La responsabilité incombe ici à EBOMAF Gabon, qui n’a pas respecté ses propres engagements.

 

2. La concession jugée caduque : Une contradiction flagrante.

Si le Groupe EBOMAF Gabon avait connaissance dès le départ de la caducité de cette concession, pourquoi a-t-il insisté pour faire venir des bateaux ? Plus inquiétant encore, la procédure de gabonisation des navires, qui aurait permis de renforcer la souveraineté maritime du Gabon, a été totalement rejetée par EBOMAF Gabon. Cette attitude démontre une incohérence grave dans la position du concessionnaire, qui semble vouloir tirer profit d’une concession qu’il considère lui-même comme nulle.

 

3. Gestion opaque des recettes : Une manœuvre douteuse.

L’un des points les plus préoccupants soulevés concerne la détention des recettes dans un compte séquestre par EBOMAF, mettant à l’écart selon les agents le Directeur Général de toute gestion financière. Or, les agents n’ont aucune connaissance de cette entité bancaire, ce qui soulève des soupçons de manipulation et d’opacité.

 

Si EBOMAF prétend vouloir sécuriser les fonds, pourquoi n’a-t-il pas demandé la transmission des comptes bancaires des agents afin d’effectuer les virements directement ? Ce manque total de transparence remet en question la gestion des finances et alimente les doutes sur de potentielles irrégularités.

 

4. Promesses non tenues : Réduction abusive des salaires.

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EBOMAF Gabon avait promis une revalorisation progressive des salaires, mais dans les faits, c’est le contraire qui s’est produit. Non seulement les augmentations n’ont jamais été appliquées, mais les salaires ont été progressivement réduits. Une telle gestion est sans précédent et traduit une volonté manifeste de fragiliser les employés, ce qui va à l’encontre des engagements pris.

 

5. Accusation infondée contre le DG : Une tentative de déstabilisation.

Le coordinateur général d’EBOMAF accuse le Directeur Général de ne pas assumer ses responsabilités, pourtant cette affirmation ne repose sur aucune réalité objective. Dans une administration structurée, les tâches sont déléguées à des responsables compétents. Il est absurde d’exiger que le Directeur Général soit à quai en permanence alors qu’un Directeur du Port, un Directeur d’Exploitation et un Directeur Commercial sont chargés du suivi des opérations.

 

Loin d’un abandon de responsabilité, selon les agents de cette compagnie, le Directeur Général a œuvré sans relâche pour la régulation administrative, facilitant ainsi le travail du concessionnaire. Une preuve simple, il suffit de se renseigner auprès des administrations compétentes autour de la CNNII : OPRAG, Marine Marchande, Douane, GPM, CNSS, CNAMGS…etc.

 

6. Chute des recettes : Une conséquence directe des erreurs stratégiques d’EBOMAF.

Avant le constat de mise à l’écart du Directeur Général par les agents, le DG, avec son équipe, avait permis de générer 200 millions de FCFA sur les mois de février et mars, malgré les contraintes opérationnelles. Après ce constat de mise à l’écart, le PDG d’EBOMAF a décidé de manière unilatérale de stopper le transport des conteneurs, entraînant une chute brutale du chiffre d’affaires.

 

Cette décision illogique prouve que même avec des navires disponibles, sans une stratégie adaptée, aucun résultat positif ne peut être obtenu.

 

7. Une prise de contrôle financière opaque : Un monopole dangereux.

Au-delà de la mise à l’écart du Directeur Général constaté par les agents, un autre élément majeur dans la gestion controversée d’EBOMAF Gabon est la prise de contrôle totale des finances par le Contrôleur Général, avec l’accord du PDG. Désormais, cette seule personne détenait le pouvoir exclusif d’encaisser et de décaisser des fonds au sein de la compagnie en les transférant dans des sachets à la maison, écartant totalement la Direction Financière de toute prise de gestion. Choses que le personnel peut en témoigner.

Cette manœuvre pose de sérieux problèmes de gouvernance et de transparence. Normalement, toute structure saine repose sur un contrôle rigoureux, impliquant plusieurs niveaux de validation. En concentrant tous les pouvoirs financiers entre les mains d’une seule entité, EBOMAF Gabon a fragilisé le fonctionnement de la compagnie, augmentant les risques de gestion arbitraire et d’opérations non traçable.

 

Conclusion : Une tentative de manipulation mise à jour.

Les déclarations du coordinateur général du Groupe EBOMAF reposent sur des mensonges et des contradictions flagrantes. Une étude rigoureuse des faits démontre que les véritables fautes proviennent d’EBOMAF Gabon, qui n’a pas respecté ses engagements, a géré les finances de manière opaque et a pris des décisions dénuées de toute logique stratégique.

 

Cette affaire met en lumière les dangers d’une gestion défaillante et les répercussions néfastes d’une telle approche sur l’économie maritime du Gabon.

 

Le Collectif des Agents de la CNNII

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