« AFRICA N°1, CAS COMPLEXE » ?
Lors de sa conférence de Presse du 7 novembre 2025, le Porte- parole de la présidence de la République gabonaise, Théophane Nzame- Nzé Biyoghé, s’est vu poser une question sensible concernant l’avenir des agents de la radio africaine qui, depuis des décennies, éprouvent un mal fou à concilier espoir et contingences. La démocratie et L’honnêteté, deux vertus cardinales, nous poussent, à réagir afin que notre modeste avis incite l’opinion à la réflexion très utile et attendue en pareil cas.
Pour revenir à l’histoire, la radio africaine émet ses programmes depuis le 7 février 1981, après que les quatre premiers émetteurs de 500 kw chacun (Moyabi 1) initialement promis à la Radio Télévision Gabonaise (RTG), à l’instar de « la Voix du Zaïre » sous Mobutu, aient été attribués à la « Panafricaine », « Africaine » devenue, par feu Omar Bongo Ondimba.
Suite à des échanges entre le président français de l’époque, Valéry Giscard d’Estaing, et son homologue gabonais, Omar Bongo Ondimba, un partenariat scellé entre leurs deux pays va conduire à la constitution du capital de la première radio commerciale africaine devant, après un soutien de l’État gabonais pendant 5 ans à hauteur de 500 millions de francs CFA, vivre exclusivement de la location des émetteurs et de la publicité. La France prit 40% des parts au capital, le Gabon, 35%, les 25% restants revenant à des privés gabonais dénommés » Nkoussou Productions ».
Le retrait de la France pour des raisons qu’il est inutile de rappeler, va conduire le Gabon à la recherche d’un nouveau partenaire qui sera cette fois la Libye de Mouammar Kadhafi qui, elle, deviendra l’actionnaire majoritaire avec des parts de 52% au capital de la société, le Gabon gardant ses 35%, les 13% restants revenant à des privés gabonais, cette fois regroupés au sein de « Sons et Image ».
En 2011 à Syrte est assassiné Mouammar Kadhafi, véritable porteur du projet, son pays va verser dans une crise sans précédent et la Libye éprouvera bien du mal à s’assumer, d’où l’État gabonais sera soumis à l’exercice d’étudier les conditions pour éviter que AFRICA N°1 ne devienne aphone.

Voici pour la petite histoire simplement illustrative.
Agents face aux Actionnaires ?
À entendre les agents, quel pouvoir ont- ils d’ailleurs, ils ne seraient en train de revendiquer que le règlement de leurs droits selon les dispositions du Code du Travail gabonais qui présente cela comme préalable, avant que d’évoquer une sincère idée de relance à laquelle personne, semble-t-il, ne s’oppose. D’où la question qu’ils se posent, les agents d’AFRICA N°1, à savoir : « Certes, ce cas est complexe, mais qui a fait qu’il en soit ainsi ? ».
Quand on sait qu’Alain- Claude Bilye- By- Nzé, alors ministre de la Communication, avait, recevant lesdits agents, affirmé devant eux qu’il leur était préférable de se battre pour l’acquisition de leurs salaires et non de s’intéresser aux questions relevant de la gestion de l’outil de travail qui incombe aux actionnaires.
Que pouvaient- ils, ces agents, face à une telle déclaration, même si en vérité ils n’ont cessé de sa battre pour sauver « leur raison d’exister » ? Curieux, ont- ils été d’entendre, alors qu’ils l’attendent avec l’impatience du chien attendant que le maître lui tende l’os après avoir consommé la chair, le Porte- Parole de la présidence de la République, affirmer que le Plan social (PS) qu’ils attendent est évalué à quelque 24 milliards de francs CFA. Question : comment la Direction administrative et financière (DAF) d’AFRICA N°1 reste- t- elle si silencieuse face à une telle énormité quand on apprend que qui ne dit mot consent ?
On peut également se demander quel rapport le Porte-parole établit- il entre les investissements pour la rénovation du média et la dette sociale des personnels de la société ? De même que l’on peut être d’accord sur le fait qu’il faut pour dénouer le cas AFRICA N°1, beaucoup de bonne foi, mais à qui incombe cela ? Aux personnels qui n’ont eu pour seul tort que de servir le Gabon et l’Afrique ou à, eux- mêmes, les actionnaires ?
