Politique: Le Komo-Kango sous tension

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Le département du Komo-Kango, premier centre administratif de la province de l’Estuaire, connaît un climat sociopolitique délétère après les dernières élections législatives et locales de septembre dernier. A l’origine, les filles et fils, cadres de cette localité et leurs familles,  dénoncent leur mise à l’écart par le pouvoir, dans les promotions au sein de l’apareille étatique, ainsi que dans l’action politique de l’exécutif. Ce, au profit des personnes se réclamant localement du cercle fermé ou des intimes du président de la République, chef de l’Etat et de gouvernement Brice-Clotaire Oligui Nguema. 

 

A ce qui ressort, de nombreux cadres, natifs de Kango, s’étaient résolument rangés derrière le président de la transition, après le coup de libération du 30 août 2023. Et, sous la houlette des dignitaires de la localité à l’exemple du Dr Edouard Engoang Alloghe, Remy Ossélé Ndong, Henry Bekalle Akwé, Alain Batsielilit, Jean-Jacques Obame, Alice  Backy, Bernabé Ekoh Bekale, Philippe Koussou, Janot Mboumba Mounguengui, Jean Eddy Mba Minko, Jean Blaise Ipedissy pour ne citer que ceux-là, les cadres du Komo-Kango ont pris une part active dans les campagnes successives du référendum,  pour emmener les populations du cru à voter pour un oui massif, suivie de la campagne présidentielle au terme de laquelle le Komo-Kango a plébiscité le candidat Oligui Nguima.

 

Chose curieuse, après un tel soutien au président qui est élu à 98% des suffrages à la magistrature suprême, ces derniers disent avoir le sentiment d’être abandonnés par le pouvoir. En revanche, constatent-ils, qu’une nouvelle autorité locale concentre à elle toute seule tous les privilèges réservés au Komo-Kango, comme si le chef de l’État n’avait de regard que sur l’intéressée qui, soulignent au passage les populations du Komo-Kango, découvre cette localité seulement à l’avènement de la transition militaire au Gabon. Du coup, mise à l’indexe, l’autorité en question qui, selon les témoignages recueillis sur place à Kango, monopoliserait les choix locaux au sein de l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), serait à l’origine de la débacle politique du parti présidentiel à l’élection du bureau du conseil municipal de Kango.

 

A ce qui apparaît, les Kangolais purs souches ont coalisé pour barrer la route, non pas à l’UDB, mais à sa patronne locale, un message fort envoyé aux nouveaux dirigeants sur le pia-pia orchestré par cette  autorité règnante et les risques que la configuration politique du moment dans le Komo-Kango peut occasionner à moyen terme.

 

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Pour l’immense majorité des filles et fils du Komo-Kango, l’autorité à l’origine des tensions sociopolitiques qui prévalent désormais à Kango, s’en trouve la seule à disposer des moyens politiques dégagés par le pouvoir, au détriment des natifs du coin. Un notable qui s’est prêter aux questions de notre reporter n’est pas allé par le dos de la cuillère pour caricaturer la réalité vécue pour l’heure chez eux :  « lorsque Christophe Colombe découvre les amériques, il y avaient les hommes qui y vivaient déjà », a-t-il dit. Une métaphore qui veut rappeler l’existence des natifs du Komo-Kango  avant l’avènement du coup de libération et l’avènement de l’autorité règnante qui peine visiblement à s’intégrer et à rassembler les Kangolais autour du Président de la République.

 

Des jeunes leaders de la localité et soutiens indéfectibles du président Brice-Clotaire Oligui Nguema n’en pensent pas moins, à l’exemple de Martinez Nang Obiang, Moïse Nkoghe Ndong, Éric Boussougou, Dany Mvouma, Moues Moueyi, Marcel Ingaga, Baueur Obame, Ludovic Ignanga etc…. Sans

 

Aux dernières nouvelles, outre les actions pacifiques visant à interpeller l’exécutif prévues dans un avenir proche dans le Komo-Kango, il se sussure qu’une frange importante de la population rechignerait à adhérer à l’UDB par la faute de sa principale responsable, préfèrant soutenir autrement le président Oligui Nguema. Conséquence, dans certains milieux autorisés, l’on parle désormais d’un climat sociopolitique explosif dans le Komo-Kango, qui mérite que les plus hautes autorités y accordent un tant soit peu de leur intérêt.

 

La rédaction 

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