NDJOLÉ : L’ÉCOLE PUBLIQUE DE BINGOMA ÉTOUFFE SOUS LES HERBES ET L’INDIFFÉRENCE

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L’École Publique de Bingoma, dans la commune de Ndjolé, lance un cri d’alarme. Là où devraient résonner les rires et les leçons, ce sont aujourd’hui les hautes herbes qui tiennent le terrain. Aux abords des salles de classe, dans la cour et le long des chemins empruntés chaque matin par les élèves, la végétation a repris ses droits. Une image qui choque d’abord, et qui inquiète ensuite.

Le danger n’est pas théorique. Ces broussailles touffues deviennent le refuge idéal pour les serpents et autres animaux nuisibles. Chaque rentrée, chaque sortie de classe se transforme en parcours à risque pour des enfants qui n’ont ni la force ni les moyens de se protéger. Dans une école, le premier droit devrait être celui de la sécurité. À Bingoma, ce droit est aujourd’hui bafoué.

À ce premier problème s’ajoute un second, tout aussi urgent : l’état des toilettes. Vétustes, insalubres, elles ne répondent plus aux normes d’hygiène les plus élémentaires. Pour les élèves comme pour les enseignants, faire ses besoins devient une épreuve. Comment exiger la concentration, la discipline et la réussite quand l’environnement de base fait défaut ? Un établissement scolaire ne peut pas former correctement dans de telles conditions.

La population de Bingoma ne réclame pas le luxe. Elle demande le minimum : une école propre, entretenue et sûre. Elle interpelle donc avec respect les autorités communales de Ndjolé. L’urgence est d’organiser le désherbage des abords, de sécuriser les accès et de réhabiliter les sanitaires. Ce sont des travaux simples, mais vitaux. Les retarder, c’est exposer des enfants chaque jour un peu plus.

Car derrière ces murs se joue l’avenir de toute une localité. L’École Publique de Bingoma n’est pas une école comme les autres. Plusieurs cadres de notre pays y ont fait leurs premiers pas, appris à lire, à écrire, à rêver. Elle a porté des générations et contribué à bâtir des parcours. Laisser cet établissement se dégrader, c’est tourner le dos à cette histoire et manquer de respect à ceux qui en sont issus.

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L’école est le premier maillon du développement. Quand elle tombe en ruine, c’est toute la chaîne qui se fragilise. Des parents hésitent à envoyer leurs enfants, des enseignants se découragent, les résultats baissent. À l’inverse, une école bien tenue attire, motive et élève le niveau. Entretenir Bingoma, c’est donc faire un choix clair : investir dans le capital humain de Ndjolé plutôt que subir les conséquences de l’abandon.

Le rôle des collectivités locales est précisément là. La commune a la charge d’assurer l’entretien des écoles primaires et de garantir un cadre sain aux apprenants. La loi le prévoit, le bon sens l’impose. L’appel lancé aujourd’hui ne vise personne en particulier. Il vise une action collective, rapide et concrète. Il s’agit de passer des intentions aux actes avant qu’un incident ne vienne rappeler brutalement la gravité de la situation.

Il ne s’agit pas non plus de stigmatiser. Les enseignants font ce qu’ils peuvent avec les moyens de bord. Les parents d’élèves participent quand ils le peuvent. Mais leurs efforts ne suffisent pas face à l’ampleur du désherbage et aux travaux de réfection nécessaires. L’appui institutionnel est indispensable. Une intervention coordonnée de la mairie, avec l’appui des services techniques, peut changer la donne en quelques jours.

Nos enfants méritent mieux que des herbes hautes comme horizon et des toilettes hors d’usage comme quotidien. Ils méritent un cadre digne, où l’on peut apprendre sans peur et grandir sans danger. Prendre soin de l’École de Bingoma, c’est reconnaître la valeur de chaque élève. C’est aussi envoyer un signal fort : à Ndjolé, l’éducation compte et l’avenir des jeunes n’est pas négociable.

La population de Bingoma place donc sa confiance dans la responsabilité et la diligence des autorités compétentes. Elle attend des gestes concrets, pas des promesses. Une école propre, sécurisée et valorisée : voilà la seule demande. Parce que protéger Bingoma aujourd’hui, c’est préparer les cadres, les artisans et les citoyens de Ndjolé de demain.

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