SEYDOU KANE : QUAND LA CALOMNIE DEVIENT UN SPORT DE COMBAT
À défaut de faits, certains ont choisi le bruit.
Depuis quelques jours, les réseaux sociaux semblent avoir trouvé leur nouveau terrain de jeu : Seydou Kane.
Publications approximatives, insinuations, procès d’intention et contrevérités
présumées s’enchaînent à un rythme qui ferait presque croire que certains internautes ont découvert une nouvelle discipline olympique : le lancer de boue à distance.
Le problème ? Dans cette agitation numérique, où est donc le fait ? Où est le
document ? Où est la preuve ? Où est simplement la décence qui devrait commander de vérifier avant de publier ?
À en croire certains auteurs de ces publications, Seydou Kane serait devenu subitement le responsable de tous les maux possibles et imaginables. Il ne manquerait plus qu’on lui attribue les coupures d’électricité, les embouteillages de Libreville et, pourquoi pas, les moustiques de la saison des pluies !
Quel crime a donc commis Seydou Kane pour mériter une telle débauche d’hostilité ? Être un homme d’affaires ? Travailler ? Entreprendre ? Être accessible ? Recevoir des compatriotes ? Écouter les préoccupations des populations ? Soutenir certaines initiatives ?
Si tel est le crime reproché, alors il faudra rapidement réviser le Code pénal : la disponibilité envers les autres pourrait bientôt devenir une circonstance aggravante.
Car il y a quelque chose d’assez curieux dans cette campagne numérique : elle semble davantage s’intéresser à l’homme qu’à des faits précisément établis.
Or, critiquer est un droit. Questionner est légitime. Enquêter est même indispensable dans une démocratie. Mais inventer, déformer ou présenter des insinuations comme des vérités relève d’une tout autre logique.

Les réseaux sociaux ne sont pas des tribunaux. Une publication, même partagée dix mille fois, ne devient pas automatiquement une vérité.
La répétition ne transforme pas un mensonge en information. Et l’indignation n’est pas une preuve.
Dans une société sérieuse, celui qui porte une accusation doit pouvoir répondre à quelques questions élémentaires : Quoi ? Quand ? Où ? Comment ? Avec quelles preuves ?
Seydou Kane peut être apprécié par certains, critiqué par d’autres. C’est la règle du jeu public.
Mais il existe une différence fondamentale entre la critique argumentée et la volonté manifeste de salir. La première élève le débat. La seconde l’abaisse.
Et lorsque des hommes publics ou des entrepreneurs deviennent la cible de campagnes numériques, la meilleure réponse n’est certainement pas de répondre à chaque invective par une autre invective. C’est de réclamer des faits, des preuves et de la responsabilité.
Parce qu’à force de transformer les réseaux sociaux en dépotoir de rumeurs, on finit par rendre suspecte même l’information vraie.
Qui a intérêt à ce que le débat porte sur la personne plutôt que sur les actes ? Qui gagne à ce que l’opinion publique s’écharpe autour de publications invérifiables ? Et surtout, pourquoi cette soudaine obsession pour un homme dont certains témoignent pourtant de la disponibilité et de l’écoute envers les populations ?
Il serait peut-être temps que les procureurs autoproclamés du clavier rangent leurs marteaux virtuels. La réputation d’un homme ne devrait pas être condamnée au tribunal de la rumeur.
Et si quelqu’un possède des éléments sérieux mettant en cause Seydou Kane, qu’il les produise.
Le reste n’est que bruit. Et dans le vacarme des réseaux sociaux, le bruit peut être assourdissant. Mais il ne remplacera jamais la vérité.
Chartrin Cesard Ondamba
