LETTRE OUVERTE DES TRAVAILLEURS DES SECTEURS PRIVÉ, PARAPUBLIC ET PUBLIC
À l’attention de l’ensemble des acteurs du dialogue social, des autorités compétentes et des organisations syndicales
Chers compatriotes,
Chers travailleurs,
Chers responsables syndicaux et administratifs,
Les élections professionnelles constituent une avancée majeure dans la construction d’un dialogue social fondé sur la transparence, la légitimité et la souveraineté des travailleurs. Elles consacrent un principe fondamental : celui selon lequel la représentativité doit émaner directement du vote libre et souverain du collège électoral.
Les représentants des travailleurs ne sauraient être considérés autrement que comme des mandataires sociaux, investis d’un mandat limité dans le temps, et tenus de rendre compte de leur action à ceux qui leur ont accordé leur confiance.
Il est de notoriété publique que, durant plusieurs années, le fonctionnement du paysage syndical a été marqué par des tensions profondes et une crise de confiance persistante entre une partie importante des travailleurs et certaines organisations syndicales traditionnels. Cette situation a, dans certains contextes, contribué à fragiliser le dialogue social et à favoriser l’émergence d’initiatives représentatives, portées directement par les travailleurs eux-mêmes, notamment des collectifs tels que SOS Éducation, dont la légitimité a été largement reconnue dans le secteur de l’éducation, illustrant ainsi l’expression d’une demande sociale forte et directe.
Dans ce contexte, l’organisation des élections professionnelles tant attendues ne peut être perçue que comme une opportunité historique de restauration de la confiance et de clarification des légitimités. Elle ne doit en aucun cas être détournée de son objectif principal, notamment, permettre aux travailleurs de s’exprimer librement, sans distraction inutile ni interférence, sur leur représentation.
Les travailleurs entendent également marquer que, pour la première fois, ils exerceront leur souveraineté au niveau national à travers ce processus électoral historique. Ils comptent, dans ce cadre, accorder leurs suffrages à une nouvelle école syndicale, arimée aux standards internationaux de gouvernance, de transparence et de responsabilité sociale.

Les travailleurs observent avec attention les différentes positions exprimées autour de ce processus. Ils entendent également certaines réticences ou contestations qui tendent à remettre en cause la mise en œuvre de ces élections. Toutefois, il convient de rappeler que nul ne peut se substituer à la volonté souveraine du corps électoral.
La compétition est désormais ouverte et équitable. Si certaines organisations estiment disposer d’une légitimité réelle et durable dans leurs secteurs respectifs, celle-ci devra être confirmée, consolidée et renouvelée par le suffrage des travailleurs eux-mêmes. Il ne saurait y avoir de représentativité sans validation démocratique.
Les travailleurs, pour leur part, entendent participer pleinement à ce processus historique avec responsabilité, maturité et indépendance. Ils ne sauraient accepter ni les blocages, ni les manœuvres de diversion, ni les tentatives de report injustifié d’un processus devenu indispensable à la refondation du dialogue social.
En conséquence, ils appellent l’ensemble des acteurs à respecter strictement le calendrier engagé, à garantir la transparence du processus électoral, et à permettre une expression libre, équitable et apaisée de toutes les sensibilités.
L’heure est venue de redonner la parole aux travailleurs.
L’heure est venue de restaurer la confiance par le vote.
Fait en conscience collective des travailleurs.
Les travailleurs des secteurs privé, parapublic, et public
