Régies Financières : L’IRFAA tape du poing sur la table et convoque une AG décisive face au mépris

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L’Intersyndicale des Régies Financières et Administrations Assimilées (IRFAA) hausse le ton. Elle appelle l’ensemble des agents à une Assemblée Générale décisive le mercredi 15 avril 2026, à 10h00, sur l’esplanade du Ministère du Budget. L’heure n’est plus aux constats mais à la mobilisation. Pour l’IRFAA, les lignes rouges ont été franchies et le dialogue de sourds avec la tutelle ne peut plus durer.

 

Le ras-le-bol syndical s’explique par deux dossiers brûlants laissés en jachère. D’abord, le non-paiement de la Prime de Performance Budgétaire (PPB) depuis deux mois. Février et mars 2026 n’ont toujours pas été versés, sans explication, sans calendrier, sans respect. Ensuite, l’absence de l’arrêté créant le Comité de cadrage. Ce texte, jugé indispensable pour appliquer les recommandations négociées à la Primature durant 16 mois pendant la transition, est bloqué depuis. Un retard que l’IRFAA qualifie d’injustifiable et d’entretenu.

 

Pour les agents, la PPB n’est pas un bonus mais une nécessité. Sa suppression brutale plonge des centaines de familles dans l’angoisse. Derrière les sigles et les procédures, ce sont des vies qui basculent. L’Intersyndicale dénonce une précarité organisée qui mine le moral des troupes et sape le rendement de services stratégiques pour les finances publiques. Quand les agents des « mamelles de l’État » sont à genoux, c’est tout l’appareil qui vacille.

 

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L’IRFAA ne mâche plus ses mots : elle parle de blocage délibéré et de mépris. Le silence de la hiérarchie est perçu comme une provocation. Pire, l’intersyndicale voit resurgir l’arrogance du régime déchu. Les promesses de rupture se heurtent à des pratiques anciennes : opacité, lenteur, et absence d’écoute. Cette perte de confiance est le point central de la crise. Sans respect mutuel, aucun engagement ne tient, et sans engagements tenus, aucune réforme ne réussit.

 

Dans ce climat explosif, le Cabinet du Ministre de l’Économie a convoqué l’IRFAA ce vendredi 10 avril 2026 à 15h00, salle Okinda, pour une rencontre élargie à toutes les organisations syndicales du ministère. Sur le papier, une main tendue. Sur le fond, l’IRFAA y voit une manœuvre dilatoire. Multiplier les interlocuteurs et les agendas, c’est, selon elle, noyer le poisson et éviter d’aborder frontalement les revendications spécifiques des Régies Financières.

 

L’argument est simple : depuis le 9 mars 2026, l’IRFAA attend une audience bilatérale avec le ministre pour entériner l’arrêté du Comité de cadrage, comme convenu le 2 mars. Convoquer une réunion fourre-tout cinq jours avant l’AG du 15 avril ressemble à une tentative de désamorçage de dernière minute. L’intersyndicale refuse de servir de caution à ce qu’elle perçoit comme une stratégie pour gagner du temps et casser la dynamique de mobilisation.

 

L’IRFAA maintient donc son Assemblée Générale du 15 avril. Elle prévient que cette rencontre marquera un tournant et pourra déboucher sur des mesures de grande ampleur si aucune avancée concrète n’est enregistrée. L’appel à la mobilisation est total. L’objectif est d’envoyer un signal clair aux autorités : les agents ne quémandent pas la charité, ils exigent le respect des droits et des accords signés.

 

Pour autant, l’intersyndicale ne ferme pas la porte. Elle réaffirme sa disponibilité à travailler avec le Ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la Lutte contre la Vie chère. Mais les conditions sont posées : écoute réelle, confiance mutuelle et responsabilité partagée. Le respect des engagements pris durant la transition n’est pas négociable. Sans actes, la dignité des agents restera piétinée, et la colère, elle, ne faiblira pas.

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