SETRAG/Malaise social : une Assemblée Générale historique dénonce l’ingérence de l’employeur dans les affaires syndicales

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La tension sociale est montée d’un cran ce jeudi à la SETRAG, à l’issue d’une Assemblée Générale exceptionnelle tenue de 13h à 20h, réunissant massivement les travailleurs autour de leurs représentants syndicaux. Ce rassemblement marque un tournant dans les rapports entre la base et la direction générale, révélant un profond malaise dans le fonctionnement du dialogue social et une ingérence persistante de l’employeur dans les activités syndicales.

 

Ironie du calendrier : cette mobilisation intervient quelques jours seulement après la visite du ministre des Transports et de la Marine marchande, à qui l’employeur a présenté un climat social « apaisé » et une gouvernance fluide. La réalité vécue par les agents est tout autre.
Lors de l’Assemblée Générale, l’incapacité de la direction à fournir les documents essentiels liés à la PART (Prime annuelle aux résultats du transport), tels que le rapport du Conseil d’Administration ou la liste complète du personnel 2024, a renforcé le sentiment d’opacité et de mépris à l’égard des partenaires sociaux.

 

Face à des revendications légitimes, la direction a, selon plusieurs témoins, eu recours à des actes d’intimidation ciblés contre certains représentants syndicaux. Des pratiques anciennes qui visent à raviver la psychose collective et à affaiblir les structures syndicales indépendantes.

 

Mais cette fois, les travailleurs n’ont pas cédé. Mieux encore : ils ont démontré une détermination ferme à en finir avec les manipulations et les collusions internes, notamment à travers une exigence centrale : la fin de l’ingérence de l’employeur dans les activités syndicales.

 

Au cœur des échanges, un sujet sensible a refait surface : la gestion opaque du Fonds d’Aides Sociales (FAS). Les travailleurs dénoncent avec force l’appropriation silencieuse de ce fonds, pourtant financé exclusivement par les agents, par l’employeur, qui en oriente l’usage avec la complicité de syndicats sans base légale ni ancrage réel.

 

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Cette ingérence dans un dispositif qui devrait relever de la souveraineté des travailleurs est perçue comme une atteinte grave à l’indépendance syndicale. Pour de nombreux agents, il ne s’agit plus seulement de défendre un droit, mais de reconquérir un espace syndical libre et non manipulé.

 

Un nouveau rapport de force en gestation

 

L’Assemblée Générale s’est conclue par une décision unanime de dépôt d’un préavis de grève, accompagné d’une pétition en cours de signature. Cette dynamique marque la volonté des syndicats reconnus légalement de reprendre l’initiative face à un management autoritaire, et de restaurer un véritable dialogue social basé sur la transparence, la dignité et le respect mutuel.

 

Appel aux autorités compétentes

 

Face à cette situation, les regards se tournent vers l’administration du travail et les autorités de tutelle. Peut-on continuer à ignorer l’existence d’une gouvernance parallèle, où l’employeur interfère dans les affaires syndicales pour maintenir un équilibre de façade ?

 

La neutralité de l’entreprise dans l’exercice des droits syndicaux n’est pas négociable. C’est une exigence de droit, mais surtout une condition essentielle pour la stabilité sociale et la performance durable.

 

SETRAG est aujourd’hui à la croisée des chemins. Soit l’entreprise choisit le respect des libertés syndicales et la transparence.
Soit elle continue à entretenir un système à bout de souffle, rejeté par une base de plus en plus lucide.

 

Dans les deux cas, les travailleurs, eux, sont debout.

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