RÉPONSE AU COMMUNIQUÉ DU MINISTÈRE BÉNINOIS DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES

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Le communiqué du 14 août 2025, émanant du ministère béninois des Affaires étrangères, laisse entendre que la communauté béninoise au Gabon serait victime de menaces et d’intimidations à Lambaréné, suite à l’attribution de places de marché, dans un contexte de nouvelles dispositions réglementant certaines activités économiques.

 

Ces allégations, relayées sans preuve, sont non seulement infondées mais aussi irresponsables au plan diplomatique. Aucun Béninois n’est aujourd’hui menacé au Gabon pour des raisons liées à sa nationalité. Les autorités et le peuple gabonais, fidèles à leur tradition d’hospitalité, continuent d’assurer la sécurité de tous les étrangers, qu’ils soient ressortissants africains ou non.

 

La mesure récemment adoptée par le gouvernement gabonais n’est ni une invention, ni une fantaisie : elle s’inscrit dans un principe de souveraineté économique largement appliqué dans de nombreux pays africains parfois au prix fort, y compris le Bénin, et vise à réserver certains secteurs d’activité aux nationaux afin de stimuler l’emploi et la dignité économique des Gabonais.

 

Alors que le plus grand marché du Gabon est l’otage de plusieurs communautés étrangères depuis plus de 50 ans, pourquoi les Béninois, dont l’insolence, par rapport à d’autres communautés, avait atteint des proportions inacceptables du temps d’Accrombessi, n’ont-ils jamais été inquiétés ? Faudrait-il que ce soit aujourd’hui, pour une petite ville comme Lambaréné, que l’on parle soudainement de “menaces” ?

La question mérite d’être posée avec franchise.

 

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Il est pour le moins paradoxal que des compatriotes béninois, établis au Gabon et jouissant des mêmes droits que les autochtones grâce à la naturalisation, observent le silence face à cette instrumentalisation, alors que les Gabonais, y compris ceux également naturalisés, revendiquent simplement une priorité dans un secteur informel occupé à près de 90 % par des étrangers. Cette revendication n’a rien d’hostile : elle est légitime, pacifique et conforme aux usages internationaux.

 

Quant à la curieuse mission d’« identification » et de recensement annoncée par le ministère béninois, on aurait souhaité qu’elle commence par viser les délinquants béninois opérant au Gabon. Encore faudrait-il que cette initiative repose sur des faits avérés plutôt que sur des rumeurs amplifiées par certains réseaux sociaux et par des officines plus soucieuses de polémique que de vérité.

 

Enfin, évoquer l’idéal panafricaniste tout en insinuant que le Gabon serait devenu hostile aux Africains relève de la contradiction pure et simple. Le Gabon demeure l’un des pays les plus accueillants du continent, et aucun autre État africain francophone ne peut donner de leçon au Gabon en matière d’hospitalité.

 

Le véritable panafricanisme se construit dans le respect mutuel, la vérité et la coopération sincère, en réglant aussi ses arriérés de loyer diplomatique au Gabon, plutôt qu’en cultivant la victimisation diplomatique.

La rédaction 

 

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