Régies Financières au bord de l’explosion : le préavis de grève sur la table

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Le front social se durcit dans les Régies Financières. Mercredi 15 mars 2026, l’esplanade du ministère du Budget s’est transformée en tribune de la colère. Réunis en Assemblée Générale extraordinaire, les agents ont franchi un cap : le dépôt d’un préavis de grève est désormais acté. Le message est clair, la base ne veut plus de promesses. Elle exige des actes et fixe un compte à rebours à la tutelle.

 

À l’origine de cette montée en tension, une série de revendications laissées en souffrance. L’Intersyndicale des Régies Financières et Administrations Assimilées (IRFAA), fer de lance du mouvement, dresse une liste précise. Les agents réclament le versement systématique, chaque mois, de leurs accessoires de solde. Ils exigent aussi la signature sans délai d’un arrêté conjoint pour installer le comité de suivi des travaux menés à la Primature. Deux demandes concrètes, techniques, mais vitales pour le fonctionnement des services et la paix sociale.

 

Le climat s’est encore alourdi avec le blocage de la Prime de Performance Budgétaire. Février et mars 2026 n’ont toujours pas été payés. Aucun calendrier, aucune justification. À cela s’ajoute un vide juridique : l’arrêté qui doit encadrer l’application des recommandations issues des négociations sociales n’existe toujours pas. Pour les agents, ce flou n’est plus tenable. Il alimente le sentiment que les engagements pris durant la transition restent lettre morte, et que le temps joue contre eux.

 

Pour l’IRFAA, la responsabilité est clairement identifiée : l’autorité de tutelle refuse de répondre. Le dialogue est à l’arrêt. Pire, les rares signaux envoyés par le ministère sont perçus comme des manœuvres. L’invitation à une réunion élargie avec le ministre de l’Économie et des Finances a été rejetée. L’intersyndicale y voit une tentative de noyer les revendications spécifiques des Régies Financières dans un débat général, loin des urgences du terrain.

 

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Ce refus n’est pas un caprice. L’IRFAA rappelle qu’elle attend, depuis le 9 mars 2026, une audience bilatérale pour valider l’arrêté créant le Comité de cadrage. C’était l’engagement pris après les discussions du 2 mars. Un mois plus tard, rien n’a bougé. Dans ce contexte, accepter une réunion « fourre-tout » reviendrait, selon les syndicats, à cautionner l’immobilisme et à désamorcer la mobilisation sans contrepartie.

 

Face à l’enlisement, la base a choisi la manière forte. Le dépôt du préavis de grève n’est pas une menace en l’air, c’est une étape assumée. Les agents se disent prêts à aller jusqu’au bout pour faire respecter leurs droits. La mobilisation annoncée pour le 15 avril est présentée comme massive. L’IRFAA parle d’un tournant dans un conflit qui couvait depuis des semaines. Le rapport de force est désormais ouvertement posé sur la table.

 

Au-delà des chiffres et des textes, c’est la dignité des agents qui est en jeu. Les accessoires de solde et la PPB ne sont pas des privilèges. Ils font partie de l’équilibre financier de milliers de familles. Leur absence crée de la précarité et tue la motivation dans des services qui portent une part essentielle des recettes de l’État. Quand ceux qui collectent l’impôt sont eux-mêmes fragilisés, c’est toute la chaîne budgétaire qui se grippe.

 

Le Ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la lutte contre la vie chère, est donc à la croisée des chemins. Soit il ouvre un dialogue franc, avec un ordre du jour clair et des réponses datées, soit il prend le risque d’un blocage dur des Régies Financières. L’IRFAA se dit prête à discuter, mais plus sous la forme d’un monologue. Sans gestes concrets sur la PPB et sur l’arrêté du Comité de cadrage, le préavis se transformera en grève. Et cette fois, prévient la base, il n’y aura pas de marche arrière.

 

Aimé Jordan PANGO 

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