Presse libre, paix solide : Libreville rallume la flamme du journalisme

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Libreville, 8 mai 2026 – Sous les lambris de la Maison Georges Rawiri, le Gabon a donné ce vendredi un coup de projecteur à la liberté de la presse. Le ministère de la Communication et des Médias, main dans la main avec l’UNESCO et les professionnels du secteur, a célébré la 33e Journée mondiale de la liberté de la presse. Le thème de l’année, “Façonner un avenir en paix”, a donné le ton : sans information libre, pas de démocratie stable.

 

La cérémonie, présidée par le ministre Germain Biahodjow, a réuni un plateau mixte de poids lourds : membres du gouvernement, représentants d’organisations internationales, patrons de rédactions, reporters de terrain. L’ambiance était moins protocolaire que combative. Ici, on ne fêtait pas une formalité, on rappelait une exigence.

 

Dans son discours, Germain Biahodjow a mis les points sur les i. La liberté de la presse n’est pas un slogan décoratif, c’est un pilier. “Défendre la liberté de la presse partout dans le monde, et particulièrement au Gabon”, a-t-il martelé, en soulignant le rôle des médias comme garde-fous de la paix et de la démocratie. Un message qui sonne comme un rappel à l’ordre bienveillant pour tous les acteurs de l’écosystème médiatique.

 

Les voix du terrain ont aussi eu la parole. Brice Ndoutoume, président de l’Association internationale des médias pour la paix et le développement, a remis les pendules à l’heure : “La liberté de la presse n’est pas un acquis”. Traduction : elle se défend chaque jour, dans les salles de rédaction, devant les tribunaux, et parfois dans la rue. Son appel était clair : les journalistes doivent continuer à se battre pour le droit d’informer et d’être informés.

 

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Moment fort de la matinée, l’hommage aux anciens. Ceux qui ont essuyé les plâtres, tenu les rédactions à bout de bras, formé des générations. Chacun est reparti avec un certificat de reconnaissance. Un geste symbolique, mais qui dit l’importance de la mémoire dans un métier où l’actualité efface vite.

 

Le ministre a aussi sorti la boussole économique. Il a encouragé les médias à devenir des créateurs de revenus, moins dépendants des subventions publiques. L’idée est simple : une presse autonome financièrement est une presse plus libre éditorialement. Publicité, contenus payants, événements, partenariats responsables… la survie passe par la diversification.

 

Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a été remercié par la voix du ministre pour le soutien institutionnel à l’événement. Mais au-delà des remerciements, c’est la méthode qui a été saluée : le travail collaboratif entre État, UNESCO et professionnels. Parce que la liberté de la presse ne se décrète pas en solo, elle se construit à plusieurs.

 

En quittant la Maison Georges Rawiri, les participants ont laissé derrière eux des discours, mais aussi une feuille de route implicite. Protéger les journalistes, consolider l’indépendance économique des médias, et faire de l’information un outil de paix. À Libreville, la Journée mondiale de la presse n’a pas été une vitrine. Elle a été un rappel : une société qui bâillonne ses médias scie la branche sur laquelle elle est assise.

Aimé Jordan PANGO 

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