IKOLO renaît : le pari énergétique d’Oligui Nguema pour faire de la zone industrielle le moteur du Moyen-Ogooué
Longtemps laissée en jachère, la Zone Industrielle d’IKOLO revient sur le devant de la scène. Sous l’impulsion du président Brice Clotaire Oligui Nguema, ce site stratégique du Moyen-Ogooué est désormais traité comme une priorité d’État. Le message aux investisseurs et aux populations est clair : IKOLO n’est plus une ligne sur une carte, c’est un chantier qui s’ouvre.
Sur instruction du ministre de l’Industrie et de la Transformation Locale, Me Lubin Ntoutoume, la Direction Générale de la Compétitivité et de l’Innovation Industrielle a posé ses valises sur site. Objectif : évaluer, diagnostiquer, relancer. Pas de réunion à rallonge, pas de diagnostic qui finit dans un tiroir. L’opération s’inscrit dans les 100 premiers jours du gouvernement et sert de rampe de lancement au Plan National de Croissance et de Développement 2026-2030.
Le frein numéro un à IKOLO, c’est l’énergie. Sans courant stable et compétitif, aucune usine ne tient la charge. Le gouvernement a tranché : Solar Energy Sustainable Services, SESS, est retenu pour régler la question de manière définitive. Les travaux ont déjà commencé. L’idée est de fournir aux unités de transformation une énergie propre, efficace et pérenne, capable de supporter une montée en charge industrielle.
La solution retenue s’appuie sur une centrale à gaz. Le choix est pragmatique : sécuriser une puissance disponible rapidement, avec un coût d’exploitation maîtrisé, tout en gardant la porte ouverte à une intégration plus poussée des énergies renouvelables. Pour le Gabon, c’est un tournant technologique qui aligne production locale et exigences de durabilité.
L’énergie seule ne suffit pas. La mission prévoit une modernisation immédiate des infrastructures logistiques autour d’IKOLO : routes d’accès, plateforme de stockage, flux entrants et sortants. Une zone industrielle qui ne s’ouvre pas sur un réseau fiable reste un parking à hangars. L’idée est de lever les goulots d’étranglement qui plombent la compétitivité des opérateurs.

Au-delà du béton et du câblage, il faut simplifier la vie des investisseurs. Procédures administratives lisibles, guichet unique qui fonctionne, accès au foncier sécurisé, fiscalité lisible. La DGCII est chargée de faire tomber ces barrières. Sans ça, même avec l’électricité, les projets resteront bloqués dans les bureaux.
L’ambition est d’attirer des capitaux internationaux, mais aussi de donner aux entreprises gabonaises les moyens de grandir. Accompagnement sur mesure, mise en relation avec les financeurs, cahier des charges clair pour l’installation : IKOLO veut redevenir un terrain où l’on s’installe vite et où l’on produit vite. La crédibilité se gagne sur les premiers signaux concrets : raccordement, délai de branchement, coût du kwh.
Le pari est social autant qu’industriel. Transformer IKOLO en levier de croissance, c’est créer un réservoir d’emplois qualifiés pour la jeunesse du Moyen-Ogooué. Chaudronnerie, maintenance, logistique, contrôle qualité, gestion de production : des métiers stables, formateurs, qui ancrent les compétences sur place. La transformation locale n’a de sens que si elle se traduit en fiches de paie.
Le rapport final de la mission ne restera pas en vitrine. Il est pensé comme une feuille de route opérationnelle. Jalons, responsabilités, indicateurs, budget : tout est calibré pour passer à l’exécution. Le symbole du “Produire Gabonais” prend corps ici, dans une zone où l’on transforme la matière première sur place plutôt que de l’exporter brute.
Si IKOLO redémarre, le signal sera fort pour tout le pays. Il prouvera que la volonté politique peut débloquer un site, résoudre l’énergie, aligner la logistique et ramener les investisseurs. Le Gabon tente de passer d’une économie de rente à une puissance industrielle transformatrice. Le chantier est lancé, les machines vont suivre. Reste à tenir le cap et à livrer ce que les chiffres promettent.
Aimé Jordan PANGO
