Owendo : la SEEG a éteint la ville, et personne n’ose appuyer sur ON
À Owendo, l’électricité est partie et personne ne sait quand elle revient. Pas de communiqué, pas de calendrier, pas d’excuse. Résultat : la commune vit en mode survie depuis des jours. Les ménages jettent ce qu’ils ont acheté cher, les commerces comptent leurs pertes, et la nuit est devenue une loterie où la peur a plus de place que la lumière.
Ce n’est pas une coupure de deux heures. C’est un « off » prolongé qui installe Owendo dans l’inconfort permanent. Le plus violent, ce n’est pas la panne. C’est le silence radio des responsables. Quand l’autorité ne dit rien, le citoyen comprend une chose : il n’est pas une priorité. Après un passage éclair à Gabon Première du conseiller en communication du ministère de l’accès Universel à l’Eau et à l’Énergie, Rayan Nziengui qui n’a d’ailleurs pas rassuré les populations impacté par cet incident, résultats, mouvement d’humeur dans certains quartiers, pk13, Beau-sejour et autres.
Sans électricité, pas de réfrigération. Les provisions pourrissent, les stocks des restaurateurs partent à la poubelle, les petits commerces encaissent des pertes qu’aucune assurance ne couvrira. Sans courant, pas de pompes à eau. Le combo est implacable : chaleur, obscurité, moustiques, et l’impression de subir une épreuve de télé-réalité imposée sans consentement.
Dès que le soleil tombe, Owendo devient une ville à l’aveugle. Rues noires, ruelles désertes, éclairage public mort. Dans ce décor, les agressions et les cambriolages trouvent un terrain idéal. Les femmes, les jeunes, les anciens sortent moins, rentrent plus tôt, vivent avec la peur au ventre. La sécurité urbaine ne se décrète pas, elle s’éclaire.
Un frigo qui lâche, c’est un jour de vente perdu. Un congélateur qui dégèle, c’est un mois de marge qui s’envole. Les pertes ne sont pas virtuelles. Elles se mesurent en loyers impayés, en salaires différés, en clients qui partent ailleurs. Et plus la panne dure, plus la confiance des opérateurs économiques s’évapore.
Dans sa tribune, le président du FDR ne parle plus d’inconfort. Il parle d’humiliation nationale. Le mot est fort, mais il colle à la réalité quand un service essentiel devient aléatoire et que l’usager paie plein tarif pour un service au rabais. Ce n’est pas de la politique, c’est du vécu.

Le FDR interpelle les ministères des Affaires Sociales et de l’Énergie, et va jusqu’à s’adresser directement au Président de la République. La demande est simple : traiter Owendo comme une commune qui compte. Cela passe par une remise en service rapide, une communication claire sur la cause et le délai, et un audit technique pour éviter que le scénario se répète.
On peut tenir une nuit avec des lampes torches. On ne tient pas une semaine sans eau, sans froid, sans sécurité. Le problème d’Owendo n’est pas la bougie. C’est la récurrence du bricolage dans la gestion d’un service public structurant. Un pays qui veut se moderniser ne peut pas accepter que des communes entières soient gérées au rafistolage.
Les équipes techniques ont sans doute leurs contraintes. Mais un usager n’a pas besoin de jargon. Il a besoin d’un message clair : origine de la panne, périmètre touché, délai de rétablissement, mesures d’urgence pour les services sensibles. Sans ça, la suspicion s’installe et la colère monte.
Si une commune peut rester dans le noir sans explication pendant plusieurs jours, alors le contrat social entre le service public et le citoyen est rompu. L’État central doit montrer que l’énergie est un droit opérationnel, pas une variable d’ajustement budgétaire.
Secouer le cocotier, comme le dit le FDR, c’est cesser de gérer la crise au coup par coup. C’est investir, planifier, entretenir, sanctionner quand il faut. Owendo mérite des réseaux fiables, une maintenance prévisible, et une autorité qui parle avant que la rue ne le fasse à sa place.
En attendant, la ville tient. Mais la patience a ses limites.
