Bikele dans le noir depuis 48h : entre silence des autorités et deux poids, deux mesures
Depuis samedi 23 mai 10h, tout le secteur Bikele lycée est plongé dans le noir. Lundi 25 mai, toujours rien. Pas un communiqué, pas une explication. Pendant ce temps, de l’autre côté de la route, la vie continue normalement avec l’électricité. Résultat : des congélateurs qui dégorgent, des vivres qui pourrissent, et une population qui fume ce qu’elle peut pour ne pas tout perdre.
Ce n’est pas une micro-coupure. C’est un blackout localisé qui frappe le lycée public, le lycée technique, la caserne des sapeurs-pompiers, le stade et les quartiers autour. Deux jours sans électricité, c’est deux jours de cours perturbés, d’activités d’urgence ralenties, de petits commerces à l’arrêt. Le plus insupportable n’est pas la panne. C’est l’absence d’information.
Le détail qui fait monter la tension : de l’autre côté de la route, le courant passe. Même réseau, même commune, mais des réalités différentes. Impossible pour les habitants de comprendre pourquoi Bikele lycée est coupé pendant que le voisinage fonctionne normalement. Quand l’explication ne vient pas, la rumeur comble le vide, et la confiance s’érode.
Dans les maisons, les congélateurs dégèlent. Poissons, viande, produits laitiers finissent à la poubelle. Ceux qui peuvent fument la viande pour limiter la casse. Ce n’est pas de la débrouille, c’est de la perte sèche pour des ménages qui vivent déjà au jour le jour. Pour les commerçants, c’est une journée de chiffre d’affaires envolée. Pour l’école, ce sont des équipements sensibles exposés et des examens à gérer dans l’incertitude.
Une panne arrive. Ça se comprend. Mais un service public qui ne dit rien pendant 48h transforme un incident technique en crise de confiance. Un message clair aurait suffi : cause identifiée, périmètre concerné, délai estimé, mesures d’urgence. Sans ça, les habitants se sentent ignorés. Et un citoyen ignoré devient un citoyen en colère.

– Quelle est l’origine de la panne : câble, transformateur, surcharge, travaux non coordonnés ?
– Pourquoi le secteur Bikele lycée est isolé alors que le reste est alimenté ?
– Quel est le plan de réalimentation et à quelle heure le courant revient ?
– Des mesures d’urgence sont-elles prévues pour les établissements sensibles comme le lycée technique et les sapeurs-pompiers ?
Chaque coupure mal gérée installe l’idée que certains quartiers sont sacrifiables. Or l’électricité n’est pas un luxe : elle conditionne l’éducation, la sécurité, la santé, la vie économique locale. Laisser traîner sans expliquer, c’est envoyer un signal dangereux : on peut couper, on peut se taire, personne ne répondra.
D’abord, un communiqué officiel avec la cause et le calendrier de rétablissement. Ensuite, une équipe technique visible sur le terrain pour éviter l’effet « on attend dans le noir ». Enfin, un point sur les pertes subies par les établissements publics et un mécanisme d’indemnisation ou de compensation pour les services essentiels.
Les habitants ne demandent pas l’impossible. Ils demandent de comprendre, d’être respectés, d’avoir une date. Si la cause est technique, dites-le. Si c’est une question de priorisation du réseau, assumez-le et expliquez le critère. La transparence ne coûte rien. Elle sauve la crédibilité.
Lundi soir, Bikele lycée attend toujours. Si le courant revient demain, le problème immédiat sera réglé. Mais la vraie panne à réparer, c’est celle de la communication et de l’équité dans le traitement des quartiers. Parce qu’un pays qui veut moderniser son énergie ne peut pas laisser des écoles, des pompiers et des familles dans le noir sans un mot d’explication.
Aimé Jordan PANGO
