Oyem : un semi-remorque de bois finit dans le ravin d’Angone, le quartier retient son souffle

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Ce mercredi, la montée d’Angone a viré au frisson collectif. Un camion semi-remorque chargé de bois scié a perdu l’équilibre et s’est renversé en bordure du ravin. Bilan : une grosse frayeur, des dégâts matériels conséquents, mais un soulagement – le chauffeur et son aide s’en sortent avec des blessures légères.

 

Le poids lourd revenait du département du Ntem quand, en pleine montée, la cargaison a bougé. Suffisant pour déséquilibrer l’ensemble et précipiter le camion vers le bord. À Angone, tout le monde connaît cette portion de route : étroite, en pente, bordée de ravins. Quand un camion de bois y perd l’équilibre, la marge d’erreur devient quasi nulle.

 

La bonne nouvelle, c’est l’état des deux occupants. Quelques contusions, rien de grave. La mauvaise, c’est l’addition matérielle : cabine abîmée, remorque tordue, planches dispersées sur la pente. Pour le transporteur, c’est une perte sèche. Pour la route, c’est un rappel que ces véhicules ne pardonnent pas la moindre négligence.

 

En quelques minutes, riverains et curieux ont envahi les abords du ravin. Les téléphones ont filmé, les commentaires ont fusé, certains ont aidé à sécuriser la zone. L’événement a vite dépassé le cadre du simple accident : il est devenu le sujet du quartier, preuve que la sécurité routière concerne tout le monde, pas seulement les chauffeurs.

 

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Pour l’heure, aucune autorité n’a encore livré de version détaillée. Surcharge ? Mauvais arrimage ? Freins fatigués ? Problème de chaussée ? Sans un communiqué clair, les hypothèses se multiplient. Et c’est là que le risque commence : rumeurs, accusation facile, perte de confiance dans la gestion du transport de bois dans la province.

 

Le bois scié reste un pilier économique du Nord. Mais il circule souvent sur des routes non adaptées à des charges aussi lourdes. Entre la montée d’Angone, les ponts fatigués et les bas-côtés instables, le trajet devient une loterie. L’accident de ce mercredi n’est pas un cas isolé. C’est le symptôme d’un maillon logistique qui fonctionne sans marge de sécurité.

 

D’abord, un contrôle réel de l’arrimage avant chaque départ. Une planche qui bouge à 30 km/h devient un levier qui fait basculer 20 tonnes. Ensuite, un entretien technique rigoureux des camions, surtout sur les freins et la suspension. Enfin, une signalisation et un aménagement des points critiques comme la montée d’Angone : ralentisseurs, élargissement ponctuel, garde-corps renforcés.

 

Quand un semi-remorque tombe dans un ravin, c’est une famille de chauffeurs qui s’inquiète, une entreprise qui perd des revenus, une route qui se bloque, et un quartier qui vit une heure dans la peur. La filière bois ne peut pas se contenter de produire. Elle doit sécuriser sa chaîne de transport si elle veut garder sa crédibilité.

 

Oyem a échappé au pire ce mercredi. Mais la chance ne fait pas une politique de sécurité routière. Angone vient de rappeler que chaque montée, chaque virage, chaque planche mal calée peut coûter cher. Il revient aux transporteurs, aux chargeurs et à la mairie de tirer les leçons maintenant, avant que le prochain accident ne fasse des victimes.

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