Bitam : une dispute de famille finit en drame, un adolescent de 11 ans tué par balle

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Bitam est sous le choc. Dans la nuit du différend qui a mal tourné, un jeune homme de 25 ans a abattu son neveu de 11 ans avec un fusil de calibre 12. Ce qui aurait dû rester une querelle domestique s’est soldé par l’irréparable. La ville, habituée au calme des soirées de l’extrême nord, se réveille avec une question qui colle à la gorge : comment en est-on arrivé là ?

 

Les faits sont d’une brutalité sèche. Selon les premiers éléments recueillis sur place, l’altercation familiale a dégénéré en quelques minutes. L’arme, un calibre 12, a parlé. L’enfant n’a pas survécu. L’auteur présumé, son oncle, a 25 ans. L’écart d’âge entre les deux aurait dû imposer la retenue. Il a imposé le silence définitif. La scène laisse une famille brisée et un quartier sidéré.

 

Au-delà de l’horreur immédiate, ce drame remet sur la table la question de la circulation des armes dans les foyers. Un fusil de calibre 12 n’est pas un outil anodin. Il est censé répondre à des usages précis, encadrés, déclarés. Dans les zones rurales du Woleu-Ntem, la chasse et la protection des plantations expliquent souvent la présence de ces armes. Mais quand le fusil quitte le champ pour entrer dans le salon, le risque bascule. La régulation, le stockage sécurisé, la formation à la responsabilité : ces points ne sont pas des détails administratifs. Ce sont des barrières entre une dispute et un cercueil.

 

Il y a aussi la poudrière des tensions familiales non gérées. À Bitam comme ailleurs, les conflits de succession, de parcelle, d’autorité se règlent encore trop souvent en huis clos, sans médiation, sans tiers. Les chefs de quartier, les notables, les pasteurs et imams jouent un rôle d’amortisseur. Mais quand la parole se coupe, quand l’alcool ou la colère prennent le dessus, l’escalade devient mécanique. Un enfant de 11 ans paie le prix de cette absence de soupape.

 

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Le signal judiciaire est attendu sans ambiguïté. Le suspect est en garde à vue et devra répondre de ses actes devant le parquet. La loi gabonaise est claire sur l’homicide volontaire, et l’usage d’une arme à feu ne laisse pas de place à l’improvisation procédurale. La famille de la victime a droit à la vérité, à la célérité, et à une justice qui ne cède ni à la pression communautaire ni à l’oubli. C’est à cette condition que la peine publique retrouvera un sens.

 

Reste le travail de prévention. Ce drame de Bitam n’est pas une fatalité sociologique. Il résulte d’une conjonction : une arme accessible, une dispute non désamorcée, une réaction sans frein. Les collectivités locales, les services de sécurité et les organisations de la société civile ont un rôle à jouer pour renforcer la médiation de proximité, sensibiliser au danger des armes détenues à domicile, et rappeler que le respect de la vie commence dans les cours familiales.

 

La ville pleure un gamin de 11 ans qui ne reverra plus la rentrée. Bitam enterre un futur volé par une seconde de violence. L’émotion est légitime. Elle doit maintenant se transformer en exigence : moins d’armes dans les maisons, plus de dialogue dans les familles, et une réponse judiciaire à la hauteur du crime. Sans ça, la prochaine dispute pourrait encore finir avec un calibre 12.

Source : L’Union 

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