AGATOUR : Christian Doumingou aux commandes, le tourisme gabonais change de braquet
Libreville, 1er juillet 2026 – Page tournée à l’AGATOUR. Ce mercredi, l’Agence Gabonaise de Développement du Tourisme a changé de pilote dans une cérémonie lourde de symboles et d’attentes. Passation de charges entre Léon IVANGA, le DG sortant, et Christian DOUMINGOU, l’entrant, suivie de l’installation de toute la nouvelle équipe managériale. Aux manettes : la ministre du Tourisme Durable et de l’Artisanat, Pr Marcelle IBINGA épse ITSITSA.
Ces nominations, actées en Conseil des ministres le 25 juin, tombent à pic. Le Gabon veut faire du tourisme son nouveau pétrole vert. La consigne vient de tout en haut : Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA a érigé le secteur en « levier de développement majeur ». L’AGATOUR n’a plus le droit d’être une coquille vide. Elle doit devenir une machine de guerre.
Devant un parterre de cadres et d’opérateurs, la ministre a donné le la. Ton ferme, mots choisis : l’heure n’est plus aux plans sur papier glacé. Elle attend du concret sur le tourisme durable, des emplois, des recettes, et une image du Gabon qui claque à l’international. Ses « sages conseils » ressemblaient surtout à une feuille de route sans filet.
Le DG sortant n’a pas esquivé. Léon IVANGA a salué ses équipes et défendu son bilan. Des avancées, oui. Des chantiers inachevés, aussi. Son discours avait un goût de passage de témoin lucide : il laisse une agence debout, mais encore loin des standards de compétitivité qu’exige la vision présidentielle.
Costume sombre, verbe direct. Le nouveau DG Christian DOUMINGOU a d’abord remercié le président OLIGUI NGUEMA pour la confiance. Puis il a dégainé. Sa priorité : rendre la destination Gabon sexy et vendable. Compétitivité, attractivité, professionnalisation de l’offre : les mots-clés sont lâchés. Il promet une AGATOUR « opérationnelle » et « performante ». Le secteur attend de voir.

Le Gabon a les atouts : parcs nationaux, faune unique, façade atlantique, culture. Mais il manque le déclic. Trop de potentiel, pas assez de touristes. L’AGATOUR version 2026 doit tuer trois plaies : la bureaucratie, l’amateurisme et l’invisibilité. Sans ça, le tourisme restera un slogan.
La ministre l’a martelé : le tourisme sera durable ou ne sera pas. Fini les projets qui saccagent pour du chiffre rapide. La nouvelle équipe devra prouver qu’on peut accueillir sans détruire, créer de la valeur sans brader la forêt. C’est là que le Gabon peut prendre une longueur d’avance sur ses voisins.
DOUMINGOU le sait : un billet Libreville-Paris coûte parfois plus cher qu’un séjour complet en Thaïlande. Visa, desserte aérienne, hôtellerie, formation : tout est sur la table. L’AGATOUR devra jouer collectif avec Transport, ANAC, investisseurs privés. Seule, elle n’y arrivera pas.
L’installation de l’ensemble du staff managérial sonne comme un « vous n’aurez pas d’excuse ». Le gouvernement veut des résultats rapides et mesurables. Nuitées, devises, emplois directs : les indicateurs seront scrutés. La période de grâce sera courte.
En faisant du tourisme un pilier, le président met sa crédibilité en jeu. Si l’AGATOUR délivre, c’est toute la diversification économique qui marque des points. Si elle patine, c’est le spectre de l’agence alibi qui reviendra hanter le secteur.
Rideau levé sur un nouveau cycle. L’AGATOUR a un nouveau chef, une mission claire, et une pression maximale. Le Gabon a des lagons, des éléphants et des masques. Reste à transformer ça en emplois et en fierté.
