CHUO : APRÈS LE DÉCÈS D’UNE ENSEIGNANTE, AMINATA ONDO APPELLE LE CORPS MÉDICAL À REVENIR À SA VOCATION

0

LIBREVILLE / PARIS – ACTUALITE 241-Le drame au CHUO a fait basculer le débat. Décès d’une patiente en pleine grève du personnel, hôpital sous tension, familles en colère. Depuis la France où elle suit un traitement, Aminata Ondo, présidente de l’ASCORIM et 2e secrétaire du CESEC, brise le silence.

Dans un entretien de plus de 40 minutes à notre rédaction, elle réclame « la vérité, la responsabilité et le respect de la vocation médicale. » Et elle met les pieds dans le plat : cette crise couvait depuis 6 mois.

Ça fait 6 mois qu’on alerte : l’ASCORIM dit avoir tout tenté
Pour Aminata Ondo, le drame du CHUO n’est pas une surprise. C’est l’aboutissement d’un avertissement ignoré.

« Cette affaire date de cinq, voire six mois », affirme la responsable associative. Preuve à l’appui : des accusés de réception de courriers envoyés aux autorités sanitaires, à l’Ordre des médecins, à l’Inspection du travail et aux institutions de défense des droits humains.

Elle dit être même allée plus haut : saisine du Vice-Président du Gouvernement et du Président de la République.

« Je voudrais apporter ma part de vérité. Peut-être que les populations ne disposent pas de toutes les informations », lance-t-elle. Son message : avant d’accuser, il faut comprendre les rouages d’une crise qui couve.

Au cœur de l’émotion, il y a une histoire. Celle d’une enseignante gabonaise, mère de plusieurs filles, qui attendait profondément un garçon.

« Elle avait suivi toute sa grossesse. Imaginez une femme qui attend l’enfant qu’elle désire depuis des années… », raconte Aminata Ondo, la voix nouée.

Pour l’ASCORIM, réduire ce décès à un fait divers serait une faute. C’est la question de la sécurité des patients qui est posée. Qui protège la femme enceinte quand le système se grippe ? Qui répond quand la grève croise une urgence vitale ?

Coup de gueule au corps médical : Vous êtes payés pour soigner
C’est le passage le plus dur de son intervention. S’adressant directement aux grévistes, Aminata Ondo ne mâche pas ses mots :

HeaderBanner

« Ça ne sert à rien de vous agiter. Vous êtes formés, vous êtes payés pour soigner les malades. C’est votre vocation. Faites-le avec dignité, amour et détermination. »

Un appel à la responsabilité. Car pour elle, dépasser les invectives est une urgence. Le malade doit redevenir le centre. Ni otage du gouvernement, ni variable d’ajustement d’un bras de fer social.

Elle le dit en femme qui se bat elle-même : actuellement en France pour des soins, elle connaît le prix d’un système de santé qui dysfonctionne.

Au-delà de la grève : un système à bout de souffle
Ce que dénonce l’ASCORIM, c’est l’absence de dialogue permanent. Entre professionnels de santé, pouvoirs publics et usagers.

Résultat : chaque revendication finit en blocage. Chaque blocage finit en drame. Et au milieu, le patient.

L’association réclame donc 3 choses :
1. La vérité sur les circonstances du décès au CHUO.
2. L’ouverture d’un vrai dialogue tripartite pour éviter que la grève tue.
3. La reconnaissance des risques médicaux comme un enjeu de santé publique, pas juste un problème de gestion.

Écouter pour comprendre : les audios de l’entretien bientôt diffusés
Aminata Ondo n’a pas fini de parler. Notre rédaction mettra en ligne l’intégralité des audios de cet entretien de 40 minutes.

Objectif : que chaque Gabonais entende, dans leur contexte, les interpellations adressées aux autorités, au corps médical et à la société.

« Une parole à écouter, un témoignage à comprendre et un débat de société à poursuivre, dans la sérénité, la responsabilité et le respect de la vie humaine », conclut l’ASCORIM.

Entre le droit de grève et le droit à la vie, le Gabon doit choisir. Et vite. Car au CHUO, la prochaine victime pourrait ne plus avoir de voix pour la défendre.

 

Aimé Jordan PANGO 

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.