NATIONAL FOOT : À 7 SEMAINES DE LA REPRISE, LES CLUBS RÉCLAMENT L’ARGENT PROMIS
LIBREVILLE – ACTUALITE 241 – Le sifflet final de la saison 2025-2026 retentit à peine, que l’alarme retentit déjà pour la suivante. Les clubs du National Foot tirent la sonnette d’alarme : sans argent, pas de reprise sereine.
À l’initiative de l’ACPFG, ils demandent aux pouvoirs publics de régler les factures en souffrance avant le coup d’envoi fixé au 10 octobre en D1 et 22 novembre en D2.
Le problème n’est pas nouveau, mais il devient urgent. Lors du Ndambo d’Or, les autorités avaient brandi les chèques et annoncé les primes. Sur le papier, tout le monde était content. Dans les caisses, c’est une autre histoire.
Aujourd’hui encore, plusieurs clubs attendent leurs prize money :
– AS Mangasport : 80 millions FCFA
– Stade Mandji : 50 millions FCFA
– CF Mounana : 50 millions FCFA
– Missile FC : 30 millions FCFA
Pour des structures qui vivent au mois le mois, ces sommes ne sont pas du bonus. C’est le budget pour recruter, payer les salaires, acheter les équipements et préparer la saison. Sans elles, préparer octobre devient un parcours du combattant.
2,8 milliards sur la table : où en est-on vraiment ?
L’ACPFG ne réclame pas l’aumône. Elle réclame des comptes.
Lors de l’Assemblée générale de la LINAFP, en présence de la FEGAFOOT, un budget de 2,8 milliards de FCFA avait été voté et validé par la tutelle. Mais combien l’État a-t-il réellement décaissé ? Quelles lignes ont été payées ? Que reste-t-il pour boucler les engagements ?
« On ne peut pas préparer une saison dans le brouillard », explique un dirigeant. Les clubs doivent déjà anticiper les voyages, les soins, les licences, les stages. Sans visibilité financière, toute planification est impossible.
La santé des joueurs, une autre dette
Autre point noir : les frais médicaux. L’ACPFG chiffre la dette à environ 2,5 millions par club, soit près de 60 millions au total.
Des visites médicales, des scanners, des soins post-blessure… pris en charge par les clubs faute de remboursement. Dans un football qui veut se professionnaliser, laisser les joueurs sans couverture est un non-sens.

À cela s’ajoutent les dossiers de mise en conformité. Les clubs disent avoir fourni toutes les attestations pour les agréments. Certains attendent toujours la validation de la tutelle. Comment exiger la professionnalisation sans donner aux clubs les moyens d’être en règle ?
Une reprise sous haute tension
Le timing ne pardonne pas. Dans quelques semaines, l’AS Mangasport entrera en lice en Ligue des champions africaine. Les Panthères aussi ont des échéances.
Or, un club qui court après ses primes ne peut pas recruter. Un club qui doute des subventions ne peut pas lancer sa pré-saison. La contre-performance guette, et avec elle, l’image du football gabonais.
L’ACPFG reconnaît les efforts de la Présidence et du ministère des Sports pour boucler la saison passée. Mais elle rappelle : les promesses ne suffisent plus. Il faut des virements.
Le message est clair : de la transparence avant le ballon
Au-delà de l’argent, les clubs demandent 3 choses simples : la vérité des chiffres, le calendrier des paiements, la clarté des engagements.
Le National Foot ne peut pas redémarrer sur les mêmes bases que l’an dernier : retards, incertitudes, bricolage. Si on veut un championnat crédible, il faut un financement crédible.
À moins de deux mois de la reprise, la pression monte. Les dirigeants n’appellent pas au boycott. Ils appellent à la responsabilité.
Car si les créances de 2025-2026 ne sont pas réglées, elles hypothèqueront forcément la saison 2026-2027.
Le football gabonais veut grandir. Il ne grandira pas avec des dettes au pied.
Aimé Jordan PANGO
