CASIER JUDICIAIRE : LE GABON INSTALLE LA QUITTANCE À 5 000 FCFA POUR ASSAINIR LE SERVICE

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C’est acté. Pour obtenir son casier judiciaire au Gabon, il faudra désormais payer 5 000 FCFA et exiger une quittance officielle. Le Ministre de la Justice, Augustin EMANE, a signé la réforme. Objectif : mettre fin à des années d’opacité dans la gestion de cet acte administratif parmi les plus demandés.

 

Le déclic vient d’un audit mené entre janvier et août 2026 au registre central du casier judiciaire. Verdict : irrégularités, recettes non tracées, absence de pièces justificatives sur plusieurs opérations. En clair, l’argent entrait, mais on ne savait pas toujours où il allait. Un manque de clarté devenu intenable.

 

La réponse du ministère est technique et simple. Instauration de quittanciers officiels dans tous les services de délivrance du casier. Désormais, chaque usager paie ses 5 000 FCFA et repart avec un reçu. Plus de paiement sans trace. Plus d’argent sans justificatif. Le circuit est verrouillé.

 

Le montant n’a pas bougé. Il était déjà pratiqué officieusement. La nouveauté, c’est la traçabilité. En sanctuarisant le tarif et en l’adossant à une quittance, l’État dit deux choses : le service a un coût, et ce coût doit désormais profiter au Trésor public, pas aux circuits parallèles.

 

Premier objectif de la réforme : ranger les comptes. Avec des quittances numérotées et centralisées, le ministère pourra rapprocher le nombre de casiers délivrés et le montant réellement reversé. Fini les trous dans la caisse. C’est un pas de plus vers la bonne gouvernance judiciaire.

 

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Deuxième objectif : protéger l’usager. Le reçu est une preuve. Il évite les surfacturations, les « frais annexes » et les négociations au guichet. Le citoyen sait ce qu’il paie, pourquoi il paie, et il peut réclamer en cas d’abus. La relation entre administration et administré gagne en clarté.

 

Le casier judiciaire n’est pas un simple papier. Il sert pour un emploi, un concours, un voyage, une création d’entreprise. Des millions de Gabonais en ont besoin chaque année. Assainir sa délivrance, c’est donc toucher directement au quotidien des citoyens et à la crédibilité de l’État.

 

La réforme pose une tension classique. Rigueur budgétaire d’un côté, accessibilité de l’autre. 5 000 FCFA reste une somme pour certains ménages. Le défi pour le ministère sera d’accompagner la mesure : guichets ouverts, délais réduits, et surtout, tolérance zéro pour tout agent qui continuerait à demander plus que le tarif officiel.

 

Au-delà du casier, le message est plus large. Le gouvernement veut des services publics traçables. Le casier judiciaire est un pilote. Si le système de quittanciers fonctionne ici, il pourra être étendu à d’autres actes : extraits de naissance, certificats de nationalité, légalisations. La logique est la même : moins d’opacité, plus de contrôle.

 

Avec cette décision, Augustin EMANE pose un nouveau cadre. Ni gratuité démagogique, ni opacité complice. Un tarif clair, un reçu obligatoire, un suivi des recettes. C’est basique, mais c’est ainsi que se construit la confiance. Car au final, la crédibilité d’un État se mesure aussi à la qualité de ses guichets.

 

Aimé Jordan PANGO 

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