PANTHÈRES : LE COUP DE TONNERRE MIGNÉ, 24 NOMS POUR RÉVEILLER LE GABON
Libreville, 17 septembre 2026. La page Thierry Mouyouma est tournée. Une nouvelle ère s’ouvre pour les Panthères du Gabon et elle porte un nom : Sébastien Migné. Ce jeudi, le technicien français a dévoilé sa première liste pour les deux premières journées des éliminatoires de la CAN 2027. Vingt-quatre noms, un message clair, et une ambition affichée sans détour : reconstruire vite, et fort.
La liste n’est pas une révolution. C’est un rééquilibrage intelligent. Migné a choisi de ne pas tout casser. Il s’appuie sur une colonne vertébrale qui connaît la tanière par cœur : Jean-Noël Amonome dans les buts, Aaron Appindangoye pour sécuriser l’arrière, Mario Lemina, Didier Ndong, André Poko et Guelor Kanga au milieu pour le combat, Denis Bouanga, Jim Allevinah et Shavy Babicka pour faire mal devant. Des cadres qui apportent l’expérience, le vécu des CAN, la résistance à la pression.
Mais la vraie curiosité de cette liste se trouve ailleurs. Elle est dans les noms que l’on attendait, ceux qui frappaient à la porte depuis un an. Junior Effaghe, Orphée Mbina, Jordi Ella, Alex Moucketou, les frères Jonathan et Henrick Do Marcolino, Brad Mantsounga ou encore Lucas Mounguengou. Des profils jeunes, athlétiques, formés entre l’Europe et le Gabon, qui viennent élargir le réservoir. Migné ne parle pas de jeunesse pour faire joli. Il l’impose.
Cette première sélection donne le ton du mandat. Pas de double discours. Le Français veut de la concurrence à tous les postes. Il veut deux joueurs capables de démarrer pour chaque position. Il veut de la vitesse sur les côtés, de l’impact au milieu et de la rigueur derrière. En vingt-quatre noms, on comprend son football : transition rapide, intensité, discipline. C’est le contraire d’une liste de complaisance.
Le timing est explosif. Les Panthères entrent immédiatement dans le dur. Déplacement au Maroc le 25 septembre, puis réception du Niger le 29 septembre à Libreville. Dans le groupe A, où figure aussi le Lesotho, chaque point comptera. Aller défier les Lions de l’Atlas chez eux pour son baptême du feu, ce n’est pas un cadeau. C’est un crash-test grandeur nature pour mesurer le caractère du nouveau groupe.

Face au Maroc, Migné ne pourra pas tricher. On verra son animation, son pressing, sa capacité à gérer les temps faibles. Face au Niger, quatre jours plus tard, on attendra l’inverse : la prise d’initiative, le jeu qui casse les lignes, la finition. Deux matchs, deux visages. Le sélectionneur devra montrer qu’il sait s’adapter, et non imposer une seule recette.
Ce qui se joue ici dépasse les deux résultats. Migné ne prépare pas seulement septembre. Il prépare la CAN 2027 au Kenya, Tanzanie et Ouganda. Il a dix-huit mois pour bâtir une équipe, pas une simple collection de talents. Cette liste est sa première pierre. Il a mélangé l’ancien et le nouveau pour créer une émulation. Les anciens pour encadrer, les jeunes pour bousculer. Si l’alchimie prend, le Gabon pourrait enfin avoir de la profondeur de banc.
Reste la question qui fâche dans chaque liste : les absents. Certains cadres habituels ne figurent pas dans les vingt-quatre. Choix tactique ou message envoyé ? Migné a été clair en conférence : personne n’a de place garantie. La sélection s’ouvrira aux performants, pas aux noms. Un discours qui a déjà le mérite de secouer une tanière qui, parfois, s’endormait sur ses acquis.
Le vestiaire devra suivre. Car une identité collective ne se décrète pas en conférence de presse. Elle se construit à l’entraînement, dans les causeries, dans la souffrance partagée d’un déplacement hostile au Maroc. C’est là que l’on verra si les Panthères adhèrent au projet Migné. S’il parvient à transformer cette diversité de profils en une équipe qui court ensemble, alors ce cycle peut devenir autre chose qu’une simple transition.
La nouvelle ère des Panthères est donc officiellement lancée. Avec une liste cohérente, une ambition assumée et un calendrier infernal dès le départ. Le 25 septembre, les paroles laisseront place au terrain. C’est là, face au Maroc, que les Gabonais sauront si leur équipe a vraiment changé.
Aimé Jordan PANGO
