MONT-BOUËT : L’AGASA DÉMANTÈLE UN ABATTOIR DE L’HORREUR EN PLEIN CŒUR DE LIBREVILLE
C’est une découverte qui glace le sang que les équipes de l’Agence Gabonaise de Sécurité Alimentaire ont faite ce vendredi 9 octobre à Mont-Bouët. Au cœur du plus grand marché de Libreville, là où des milliers de Gabonais font leurs courses chaque jour, se cachait une véritable bombe sanitaire.
L’opération, baptisée « Coup de pouce », se poursuit sans relâche. Déterminés à assainir les circuits de distribution alimentaire, les agents de l’AGASA ont investi le marché à l’aube, fouillant étals, réserves et arrière-boutiques. L’objectif était clair : traquer ceux qui, par appât du gain, jouent avec la santé des consommateurs. Ils ne s’attendaient pas à tomber sur une telle horreur.

Dans un recoin insalubre, à l’abri des regards, les inspecteurs ont mis au jour une aire d’abattage clandestine. Le spectacle était insoutenable. De la viande destinée à la consommation, celle qui finit dans les assiettes des familles, était découpée à même un sol crasseux, gorgé de sang et de déchets. Le matériel, jamais nettoyé, était souillé, rouillé. Aucune chaîne de froid, aucune règle d’hygiène élémentaire n’était respectée.
C’est tout le circuit de la viande qui était vicié. Sans contrôle vétérinaire, sans autorisation, sans la moindre traçabilité, ces carcasses étaient ensuite écoulées sur le marché. Le risque est immense : infections bactériennes, toxi-infections alimentaires, parasitoses. Chaque morceau vendu était une menace directe pour la vie des consommateurs, et en premier lieu pour les plus vulnérables, les enfants et les personnes âgées.

Face à l’extrême gravité des faits, la sanction de l’AGASA a été immédiate et sans appel. L’activité a été fermée sur le champ, le matériel saisi et le site mis sous scellés. Il n’y a eu aucune négociation possible. Pour l’Agence, la ligne rouge a été franchie. C’est un signal fort envoyé à tout le marché.
Dans un communiqué ferme, la direction de l’AGASA a tenu à rappeler sa doctrine : « La recherche du profit ne peut jamais justifier de mettre la vie des Gabonais en danger. La santé des consommateurs n’est pas négociable. » Un avertissement qui s’adresse à tous les opérateurs véreux qui persistent à défier les règles malgré les campagnes de sensibilisation.
Car le cas de Mont-Bouët n’est pas isolé. Il révèle une réalité plus profonde, celle d’une économie informelle de la viande qui prospère dans l’ombre des marchés, au détriment des abattoirs agréés et des circuits contrôlés. C’est tout un système qui doit être démantelé, car il fausse la concurrence et empoisonne la population.
L’AGASA l’a promis, les contrôles vont s’intensifier dans les prochains jours à Libreville et à l’intérieur du pays. La tolérance zéro sera la règle. L’Agence, qui monte en puissance sous la 5e République, veut restaurer la confiance entre le consommateur et son assiette.
Cette opération est aussi un appel à la vigilance collective. La sécurité alimentaire n’est pas que l’affaire de l’administration. Elle est l’affaire de tous. Chaque Gabonais doit devenir un acteur de sa propre protection.
Vous êtes témoin d’une pratique douteuse, d’un étal insalubre, d’un abattage clandestin ? Signalez-le. En dénonçant, vous ne protégez pas seulement votre famille, vous sauvez des vies.
