FRANCEVILLE : LES MAIRES DU GABON SCELLENT LE PACTE DES COMMUNES FORTES DE LA 5e RÉPUBLIQUE
Franceville est depuis mercredi le centre névralgique du pouvoir local. Dans la solennelle salle Marcelle Sandougou, les édiles venus des neuf provinces du Gabon achèvent ce vendredi 9 octobre les travaux de la 6e Assemblée Générale Extraordinaire de l’Association des Maires du Gabon. Une édition qui n’est pas une assemblée de plus, c’est un tournant.
Car c’est la première fois que les maires se réunissent sous l’ère de la 5e République, et seulement la deuxième fois que le Haut-Ogooué accueille l’événement. Le symbole est fort. Placée sous le Haut Patronage du Président Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, l’assemblée a voulu marquer sa portée historique en invitant le sommet de l’État à donner le ton. C’est le Vice-Président de la République, Hugues Alexandre Barro Chambrier, qui a personnellement ouvert les travaux.
Le thème donne le cap : « Décentralisation pour une meilleure gestion urbaine afin de bâtir des communes fortes de la 5e République ». Devant les maires, le Vice-Président a été direct. Il ne s’agit plus de parler de décentralisation comme d’un slogan, mais de bâtir une administration de proximité réactive, lisible et performante. Le message du Chef de l’État est clair : les communes doivent devenir le premier visage de la 5e République au quotidien.

La cérémonie d’ouverture a aussi eu sa charge d’émotion. Avant tout discours, une minute de silence a été observée en mémoire des figures tutélaires de la province, dont l’ancien Président Omar BONGO ONDIMBA. Un moment de recueillement sublimé par la déclamation d’un poème de Pulchérie Djamboué, rappelant que bâtir l’avenir ne peut se faire sans honorer ses racines.
Puis les maires sont entrés dans le vif du sujet. Le Maire de Franceville, hôte et Vice-Président de l’AMG, le Président de l’AMG et Maire de Libreville, Eugène Mba, et le Ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, Hermann Immongault, ont planté le même décor : la décentralisation doit passer des textes à la réalité. Trois urgences ont été mises sur la table et ne souffrent plus d’attente.
Première urgence : le transfert effectif des compétences. Les maires réclament que ce qui est prévu par la loi arrive enfin dans les mairies, avec les ressources qui vont avec. Deuxième urgence : la digitalisation. Pour sécuriser les recettes municipales, lutter contre les fuites et simplifier la vie des citoyens, chaque commune doit passer au numérique. Troisième urgence : la guerre contre l’insalubrité. Une politique nationale harmonisée doit être menée, commune par commune, pour des villes propres.
La séance inaugurale s’est achevée par la remise d’un présent symbolique au Vice-Président et la photo de famille traditionnelle. Mais le plus important se joue maintenant à huis clos, dans les commissions. Elles doivent accoucher ce vendredi des recommandations stratégiques qui dessineront le visage des communes fortes que la 5e République appelle de ses vœux. Franceville n’est plus seulement une ville hôte, elle est le laboratoire de la décentralisation gabonaise.
