GABON : CRÉATION DE L’AGAPLS, LA NOUVELLE ASSOCIATION POUR LA PÊCHE DE LOISIR ET SPORTIVE

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Ce n’était pas une simple réunion de pêcheurs. C’était la naissance d’une ambition. Réunis en Assemblée Générale constitutive, les amoureux de la mer ont officiellement donné vie à l’Association Gabonaise des Pêches de Loisir et Sportive (AGAPLS). Une nouvelle organisation qui ne cache pas sa vocation : devenir une référence internationale.

 

L’AGAPLS ne sort pas de nulle part. Elle est la digne héritière de l’APESGA, une aventure humaine démarrée en 2006. Comme l’a rappelé avec émotion le Vice-Président Jaber NGUEMBET YASSER, cette histoire a toujours été plus qu’une simple activité de pêche. Elle s’est construite sur des valeurs de fraternité, de respect, de convivialité et de partage. Des départs à 4 heures du matin, des journées entières en mer, des rires, parfois des bredouilles, mais surtout une amitié indestructible.

 

Au fil des ans, le groupe a connu des départs, notamment celui des frères expatriés français qui avaient lancé le mouvement. Beaucoup pensaient que l’aventure s’arrêterait là. C’est l’inverse qui s’est produit. Les liens ont tenu, la passion a perduré. C’est la plus belle leçon de l’APESGA : une association survit à ses membres quand l’esprit qui l’anime reste vivant. Et cet esprit s’est même illustré en compétition, avec plusieurs places dans le Top 5 lors de tournois nationaux.

 

Mais aujourd’hui, l’APESGA passe le témoin. L’AGAPLS est sa continuité, mais avec une ambition décuplée. Le constat de ses fondateurs est clair : depuis 2006, ils ont vu la mer changer. Ils ont vu des pratiques inquiétantes se généraliser, des mailles de filets non respectées, des pêches destructrices en bordure de mer, des zones de pêche violées. Il ne suffit plus de pêcher, il faut désormais protéger.

 

C’est le premier pilier de l’AGAPLS : la protection des espèces halieutiques. Pour le Président Gaston ESSIA « nos ressources marines sont un patrimoine économique, alimentaire et environnemental qui est en danger ». L’association veut devenir un acteur de la préservation, en sensibilisant les pêcheurs à la pêche responsable, au respect des tailles et des périodes de reproduction.

 

Le deuxième pilier est la protection du littoral. Plages jonchées de plastique, écosystèmes côtiers fragilisés, spots de pêche souillés : le constat est amer. L’AGAPLS veut s’engager dans des actions concrètes de nettoyage, de surveillance citoyenne et de protection des milieux aquatiques. Non pas pour remplacer l’État, mais pour être à ses côtés, en lanceur d’alerte et en bras armé sur le terrain.

 

Le troisième pilier est peut-être le plus révolutionnaire : faire reconnaître la pêche sportive comme une véritable discipline sportive au Gabon. Aujourd’hui, c’est une anomalie. En Afrique, seuls cinq pays possèdent une fédération structurée : le Sénégal, l’Afrique du Sud, l’Angola, le Maroc et la Tunisie. Le Gabon, avec ses 800 kilomètres de côtes, ses estuaires mythiques et sa biodiversité exceptionnelle, a tout pour être la sixième puissance.

 

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Cette reconnaissance institutionnelle, que l’AGAPLS veut porter avec le Ministère des Sports, est la clé de tout. Elle permettrait de structurer l’activité, d’identifier les disciplines, de créer des clubs, d’organiser des championnats nationaux et d’attirer des compétitions internationales. La pêche sportive n’est plus un loisir, c’est un sport à part entière, avec ses règles, ses classements et ses champions.

 

Et ce sport est une mine d’or touristique. C’est le quatrième pilier. Partout dans le monde, le tourisme de pêche sportive brasse des milliards. Des passionnés traversent la planète pour pêcher un tarpon à Libreville ou une carangue à Port-Gentil. Le Gabon possède un potentiel exceptionnel encore vierge. L’AGAPLS veut travailler avec les opérateurs touristiques pour créer des zones dédiées, valoriser nos régions et créer des retombées économiques directes pour les communautés locales.

 

Le cinquième pilier est social et éducatif. L’AGAPLS affiche un objectif original : la promotion de la thérapie par la pêche. Mais aussi, et surtout, la formation des jeunes. Former à la sécurité en mer, aux bonnes pratiques, à la protection de l’environnement. Créer une véritable école de la mer, qui transmette non seulement une technique, mais une éthique.

 

Pour y arriver, l’association veut fédérer. Fédérer tous les pêcheurs de loisir et sportifs du Gabon, qu’ils soient en pirogue, en bateau ou du bord. Créer une communauté, partager les expériences, défendre les intérêts des pratiquants dans le respect total de la réglementation. C’est tout le sens de la structuration en clubs voulue par la nouvelle équipe.

 

Au-delà de la pêche, c’est une vision du développement national qui est proposée. Une vision qui concilie sport, tourisme, éducation, développement économique et protection de l’environnement. Une approche transversale qui s’inscrit parfaitement dans l’ère de la 5e République et de l’économie bleue.

 

C’est ce qu’a martelé Gaston ESSIA dans son discours de clôture, après sa reconduction à la présidence de l’AGAPLS et au Conseil d’Administration. Visiblement ému, il a rappelé que « une association ne vit pas grâce à son nom, elle vit grâce à l’engagement de ses membres ». Il a insisté sur la cohésion, le groupe, le collectif comme seules conditions de la réussite.

 

L’appel est lancé. L’APESGA a donné une histoire. L’AGAPLS veut maintenant donner une ambition. Comme l’a conclu son président : « Aujourd’hui, nous ne sommes pas simplement réunis pour créer une association, nous sommes réunis pour donner une voie à tous ceux qui aiment la mer ». Une nouvelle aventure commence, et elle a 15 ans d’expérience dans ses filets.

 

Vive la pêche, vive le loisir, vive notre patrimoine maritime et longue vie à l’AGAPLS.

 

Aimé Jordan PANGO 

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