QUAND LE RIDICULE DISCIPLINAIRE TOURNE AU CHANTAGE ANTISYNDICAL
Après ma mise en demeure adressée à la Direction générale de SETRAG pour lui rappeler les règles élémentaires de la liberté syndicale, je constate, avec regret, que l’entêtement semble avoir pris le dessus sur la raison et le dialogue.
La dernière trouvaille ? Convoquer le Président de FETRAG-SETRAG à un entretien préalable pour des faits relevant de son mandat syndical, accomplis pendant ses heures syndicales !
Plus ridicule encore, l’employeur lui adresse une demande d’explications en qualité d’agent. Il répond en qualité de Président de syndicat, rappelle le contexte des faits et les dispositions légales applicables. Et voilà que ce rappel du droit devient un motif de poursuites disciplinaires !
Depuis quand rappeler la loi à son employeur constitue-t-il une insubordination ?
Cette nouvelle convocation s’ajoute aux procédures visant notamment le Président et le Secrétaire général du SYCAT, ainsi que d’autres responsables de FETRAG-SETRAG. Curieusement, ce sont les dirigeants des deux organisations syndicales les plus représentatives, totalisant plus de 80 % des sièges de délégués du personnel, qui concentrent ces initiatives.
À ce niveau de répétition, il devient difficile de croire à de simples coïncidences. Tout laisse craindre une stratégie préméditée visant à affaiblir les dirigeants syndicaux qui refusent de se laisser instrumentaliser.
Que les choses soient claires : les leaders syndicaux ne serviront pas de boucs émissaires aux luttes de pouvoir et de leadership au sein de la Direction générale.

Ce chantage disciplinaire, qui consiste à brandir la menace de sanctions pour obtenir la soumission des représentants des travailleurs, va précisément à l’encontre de l’esprit des exhortations du Président de la République en faveur d’un dialogue social responsable.
Persister dans cette voie, malgré notre mise en demeure, prend les relents d’une défiance à l’égard des orientations du Chef de l’État et d’un mépris des recommandations du ministre du Travail.
La Direction générale doit comprendre une chose : le pouvoir hiérarchique s’exerce sur les obligations professionnelles du salarié, pas sur l’indépendance de son organisation syndicale.
La solidarité syndicale n’est pas une faute. Le rappel de la loi n’est pas une insubordination. Et la représentativité syndicale ne dépend pas des préférences de l’employeur, mais du choix des travailleurs.
La FETRAG continuera de défendre ces principes par toutes les voies légales.
À force de vouloir soumettre les syndicats plutôt que de dialoguer avec eux, on finit par devenir soi-même le principal facteur d’instabilité sociale.
Jocelyn Louis NGOMA
Secrétaire général de la FETRAG
