GABON : 7,5 MILLIARDS DE FCFA PAR AN POUR DES RETRAITES DORÉES – LE SCANDALE QUI FAIT HONTE À LA 5E RÉPUBLIQUE

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Il a fallu que Jean Gaspard Ntoutoume Ayi brise l’omerta. Sur le plateau de Gabon 1ère, le député a mis les chiffres sur la table, et ces chiffres donnent le vertige. Le régime des retraites spéciales des personnalités politiques est une hémorragie financière que le contribuable gabonais finance à perte chaque année.

 

Ce n’est plus une rumeur de couloir de l’Assemblée Nationale, c’est une réalité comptable implacable. Le débat qu’il a lancé n’est pas partisan, il est à la fois mathématique et profondément moral.

 

Le trou béant de 7,5 milliards

 

L’équation est simple et scandaleuse. Selon les chiffres révélés, les élus et anciens ministres ne cotisent qu’à hauteur de 1,9 milliard de francs CFA. En face, l’État gabonais débourse chaque année 9 milliards pour payer leurs pensions.

 

Faites le calcul : il manque 7,5 milliards. Un déficit abyssal que le Trésor public, c’est-à-dire vous, moi, chaque Gabonais, doit combler annuellement.

 

7,5 milliards, mettons les choses en perspective. C’est le budget pour construire cinq lycées d’excellence, pour équiper deux hôpitaux modernes en province, pour bitumer des dizaines de kilomètres de routes qui désenclaveraient nos villages. Cet argent, au lieu de servir le Gabon qui travaille, sert à entretenir un club très fermé de privilégiés.

 

Deux Gabon, deux justices

 

Et c’est là que le bât blesse. Le député Ntoutoume Ayi a mis en lumière l’existence de deux Gabon irréconciliables.

 

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D’un côté, le Gabon d’en bas. Celui de la CNSS et de la CPPF. L’instituteur, l’infirmier, le gendarme qui cotise pendant 30 ans, mois après mois, dans un système de solidarité où dix actifs se sacrifient pour un retraité. Sa récompense ? Une pension souvent dérisoire de 150 000 à 200 000 FCFA, après une vie de labeur.

 

De l’autre, le Gabon d’en haut. Celui des régimes spéciaux. Il suffit d’avoir été député ou ministre pendant 5 ans, parfois même 12 mois, pour s’assurer une retraite à vie qui se chiffre en millions. Un système mathématiquement en faillite où, comble de l’absurdité, il y a plus de retraités que de cotisants. Ce n’est plus un régime de retraite, c’est une pyramide de Ponzi légalisée par l’ancien système.

 

Comment justifier une telle injustice sociale ? Comment demander des sacrifices au peuple quand au sommet de l’État, on s’octroie des privilèges à vie sans jamais avoir assez cotisé ?

 

La capitalisation : la seule porte de sortie honorable

 

C’est en cela que la proposition portée par Jean Gaspard Ntoutoume Ayi et soutenue par la société civile, à l’image de Frédéric MBA BIBANG du COPIL RESOC, est d’une lucidité totale.

 

Il ne s’agit pas de faire de la démagogie ou de punir par vengeance. Il s’agit de réformer pour sauver. La solution, c’est le basculement vers la capitalisation.

 

Le principe est d’une simplicité désarmante : aujourd’hui, quand tu es élu, l’État te doit une rente à vie. Demain, avec la capitalisation, quand tu es élu, tu cotises sur un compte personnel qui t’appartient, comme une épargne bloquée. À la fin de ton mandat, tu repars avec ton épargne et les intérêts. Point final. L’État ne te doit plus rien.

 

Les bénéfices seraient immédiats et triples. D’abord, on stoppe net l’hémorragie des 7,5 milliards qui plombe nos finances publiques. Ensuite, on responsabilise l’homme politique, qui devient comme tout citoyen, acteur de sa propre retraite. Enfin, et c’est le plus important, on réconcilie le peuple avec ses institutions en restaurant un principe sacré : l’équité.

 

La 5ème République voulue par le Président de la République ne pourra pas se construire sur les ruines et les privilèges indécents de la 3ème. La rigueur budgétaire tant prônée doit commencer par le haut, par l’exemplarité. Ce débat, lancé courageusement, doit maintenant se transformer en une loi. Le peuple attend.

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