GABON : LE PROPHÈTE MYCOMB MIKOMBO, LE GARDIEN INATTENDU DE LA FORÊT QUI NOURRIT ET SOIGNE

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Au Gabon, quand on parle de forêt, on pense immédiatement aux géants okoumé et padouk. On oublie l’essentiel. L’essentiel, ce sont les trésors cachés que la forêt offre sans qu’on ait besoin de couper un seul arbre : les Produits Forestiers Non Ligneux, les PFNL. Et un homme s’est levé pour les défendre : le Prophète Mycomb Mikombo.

Les PFNL, ce sont toutes ces ressources biologiques vitales que la forêt nous donne gratuitement. Ce ne sont pas des produits secondaires, ce sont des produits de survie. Ils sont au cœur de l’alimentation, de la pharmacopée traditionnelle et du portefeuille de milliers de familles gabonaises.

Prenez le Kumu, par exemple. Cette feuille gluante si prisée dans nos sauces n’est pas qu’un légume. C’est une bombe nutritionnelle, riche en fer, en vitamines et en fibres, qui lutte contre l’anémie et la malnutrition. Ou encore l’Odika, notre chocolat indigène issu de l’Irvingia gabonensis. Sans lui, pas de sauce odika, pas de goût de chez nous, mais surtout, c’est une source de revenus considérable pour les femmes en zone rurale.

Et que dire du miel sauvage de l’Ogooué-Ivindo ou du Woleu-Ntem ? Ce n’est pas un simple sucrant. C’est un médicament naturel, un antibiotique, un antiseptique reconnu, qui soigne les plaies et renforce l’immunité. À ses côtés, il y a le beurre de karité, le moabi dont l’huile est une pépite cosmétique et alimentaire recherchée à l’international, le safou, les noix de coula, les chenilles riches en protéines, sans oublier le rotin et les lianes qui permettent à nos artisans de construire et de créer des meubles.

Toutes ces richesses alimentent chaque jour un commerce local colossal vers Libreville et Port-Gentil. Des tonnes de PFNL quittent les villages pour nourrir les villes. C’est une économie verte, circulaire, qui fait vivre le Gabon profond sans détruire son poumon vert.

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Mais cette ruée a un revers dramatique. Et c’est précisément ce qui a fait réagir le Prophète Mycomb Mikombo. « La préservation de la biodiversité nécessite de surveiller la pression sur les espèces les plus recherchées », a-t-il alerté avec force. « Nos études montrent qu’une quantité massive de PFNL est acheminée vers Libreville, et si on ne régule pas, on va vider la forêt. »

Son combat n’est donc pas un combat mystique, c’est un combat écologique et économique d’une lucidité implacable. Le Prophète Mycomb a compris que si l’on surexploite le moabi pour son huile, si l’on coupe l’arbre d’odika pour vendre son bois, on tue la poule aux œufs d’or. On détruit une ressource qui se renouvelle chaque année pour un profit unique.

C’est pour cela qu’il se bat pour la protection, mais surtout pour la valorisation intelligente. Pour lui, il ne faut pas interdire la récolte, il faut l’organiser. Son message est clair : transformons sur place au lieu d’exporter brut.

Il prône un modèle simple et révolutionnaire : que la femme du village ne vende plus les amandes brutes d’odika pour une bouchée de pain, mais qu’elle les torréfie, les écrase et les moule en pains prêts à l’emploi. Que le jeune apiculteur ne brade plus son miel dans des bouteilles récupérées, mais qu’il s’organise en coopérative pour le filtrer et le conditionner aux normes internationales. C’est là que se trouve la vraie richesse.

En défendant le kumu, le miel, le beurre de karité et tous les PFNL, le Prophète Mycomb Mikombo ne défend pas seulement des plantes. Il défend la souveraineté alimentaire du Gabon, la santé de sa population, l’emploi des femmes rurales et l’avenir d’une forêt qui peut nous enrichir sans mourir. Il est le gardien d’un modèle de développement durable où l’on peut enfin gagner de l’argent en gardant les arbres debout.

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