IMMIGRATION AU GABON : JEAN YENO APPELLE À DÉPERSONNALISER LE DÉBAT ET À PENSER NATION

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C’est un débat que le Gabon a trop longtemps évité, par pudeur, par calcul ou par peur d’être mal compris. Jean Yeno, acteur civique, a décidé de le poser sur la table, sans détour et sans passion inutile : celui de l’immigration.

 

Son point de départ est un constat simple mais puissant : notre pays n’avancera que le jour où nous mettrons l’intérêt supérieur de la Nation au-dessus de nos intérêts personnels, économiques ou relationnels.

 

Il dit être surpris, pour ne pas dire agacé, par la tournure que prend le débat public dès que le mot immigration est prononcé. Aussitôt, certains brandissent l’argument de la biographie : « Tu as de la famille à l’étranger », « Tu vis toi-même dehors », « Tu fais des affaires avec des étrangers ». Comme si le fait d’avoir des liens avec l’extérieur disqualifiait tout Gabonais à s’interroger sur la politique migratoire de son propre pays.

 

Pour Jean YENO, c’est une esquive. Une façon de fuir le vrai sujet en le ramenant à des cas individuels. Il le martèle : le débat sur l’immigration n’est pas un débat sur vos personnes. C’est une question nationale, étatique et stratégique. On ne peut pas réduire un enjeu de souveraineté à nos amitiés, à nos affaires ou à nos voyages.

 

Vivre à l’étranger, travailler avec des partenaires étrangers ou avoir une double culture n’empêche en rien de défendre les intérêts de son pays. Au contraire, c’est le monde entier qui le fait. Les plus grandes nations ouvertes sont aussi celles qui ont les politiques migratoires les plus assumées.

 

Jean YENO tient à lever toute ambiguïté : il ne s’agit pas de prôner le rapatriement massif des étrangers ni la fermeture des frontières. Une telle posture serait absurde et contraire à l’histoire hospitalière du Gabon. La question est ailleurs. Elle est celle de la maîtrise.

 

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Maîtriser sa politique migratoire, c’est renforcer sa souveraineté sécuritaire. C’est protéger ses intérêts économiques. C’est préserver son équilibre social. L’immigration, quand elle est encadrée, planifiée, choisie, est une richesse qui contribue au développement. Quand elle est subie, non mesurée et non régulée, elle crée des tensions légitimes sur l’emploi, le logement, les services publics et la cohésion.

 

Et ces tensions, dit-il, on ne peut plus les balayer du revers de la main. Comment rester indifférent quand on traverse certains quartiers de Libreville, comme Saint-Germain ou Akébé, et qu’on a le sentiment troublant que les Gabonais y deviennent minoritaires chez eux ? Ce ressenti, qui doit être objectivé par des chiffres, pose des questions fondamentales : qui a accès au logement ? Qui possède le foncier ? Quelle est la place réelle du Gabonais dans sa propre économie ?

 

On ne peut plus se contenter de minimiser ces inquiétudes en les qualifiant de xénophobes. Il faut y répondre par des faits. Et pour avoir des faits, il faut des données fiables. Jean YENO exige des statistiques officielles, transparentes et vérifiables sur la population étrangère, la régularité des séjours, l’accès à l’emploi et aux activités économiques. On ne peut pas bâtir une politique nationale sur des estimations fantaisistes.

 

Il rappelle un principe de droit élémentaire que beaucoup semblent oublier : la libre circulation n’est pas synonyme de libre installation sans conditions. Le respect des lois gabonaises, des procédures de séjour et des règles d’exercice d’une activité économique doit s’imposer à tous, Gabonais comme étrangers, dans le respect des droits fondamentaux et des engagements internationaux du pays.

 

Son message s’adresse à deux camps. Aux autorités, il demande une politique migratoire claire, transparente, chiffrée et appliquée avec équité, sans deux poids deux mesures. Aux citoyens, il demande de ne pas confondre la défense de la souveraineté avec le rejet de l’autre. On peut aimer le Gabon fermement sans détester l’étranger.

 

Et si les autorités persistent à ignorer ces préoccupations légitimes, Jean YENO prévient : les citoyens continueront de porter ce débat par les voies légales, pacifiques et démocratiques. Parce que l’enjeu dépasse notre génération.

 

Il s’agit du Gabon que nous laisserons à nos enfants. Un Gabon capable d’accueillir, de coopérer et de s’ouvrir au monde, mais sans jamais renoncer à maîtriser son destin. La patrie avant les intérêts personnels. La souveraineté sans xénophobie.

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