LETTRE OUVERTE D’ONGALA BERCHAND/AGASA ET L’AFFAIRE SOBRAGA : DES QUESTIONS QUI RESTENT SANS RÉPONSE

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Note citoyenne à l’attention des consommateurs gabonais et des autorités de tutelle.

L’AGASA a publié le 23 juin 2026 un communiqué sur l’affaire des boissons SOBRAGA exportées en France par Mme Eyang Noutchet. Ce communiqué appelle des clarifications importantes.

 

CE QUE L’AGASA RECONNAÎT ELLE-MÊME

 

L’AGASA affirme s’être saisie du dossier dès septembre-octobre 2024 et avoir établi, avec ses laboratoires partenaires, que plusieurs produits de la cargaison, ZOMBIES, BANANA MAMA, GIN TONIC, comportaient des teneurs dépassant les seuils autorisés dans l’Union européenne. Ces résultats ont été communiqués à la plaignante dès le 21 mars 2025.

 

L’AGASA savait donc, au moins depuis mars 2025, que des produits SOBRAGA destinés à la consommation locale présentent un risque majeur pour la santé des consommateurs gabonais si on s’en tient aux normes françaises et européennes.

 

LES QUESTIONS QUE TOUT GABONAIS EST EN DROIT DE POSER

 

1. Le certificat sanitaire à l’exportation

 

Si l’AGASA connaissait les exigences aux normes UE sur ces produits, comment un certificat sanitaire à l’exportation vers la France a-t-il pu être délivré pour des produits sans aucune vérification préalable? Ce certificat, régi par le Règlement (CE) n°2017/625 et la Décision d’exécution (UE) n°2020/2235, engage directement la responsabilité de l’autorité compétente émettrice. L’AGASA a-t-elle délivré ce certificat en connaissance de cause ? Si oui, sur quelle base juridique ?

 

2. La cohérence institutionnelle

 

L’AGASA est l’autorité compétente désignée pour certifier la conformité des denrées exportées aux exigences du pays de destination. Son propre communiqué établit qu’elle savait que certains produits de cette cargaison ne répondaient pas aux normes européennes. Certifier l’exportation de produits dont on connaît la non-conformité aux normes de destination constitue une faute dans l’exercice du contrôle officiel. Qui au sein de l’AGASA a signé ce certificat ? Sur quelle base a-t-il été établi ?

 

3. La traçabilité

 

L’AGASA relève elle-même que les boissons KIT REGAB et RACINES ne portaient aucun numéro de lot. Le numéro de lot est une exigence de base du contrôle officiel gabonais comme européen. Comment des produits sans numéro de lot ont-ils pu franchir l’étape de la certification sanitaire à l’exportation ?

 

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4. Le délai entre la découverte et l’information publique

 

L’affaire remonte à septembre-octobre 2024. Les résultats d’analyses sont connus depuis au moins mars 2025. Le communiqué public de l’AGASA date du 23 juin 2026, soit près de deux ans après les faits.

 

Pourquoi ce silence prolongé ? Les consommateurs gabonais, qui consomment ces mêmes produits sur le marché local, ont-ils été informés en temps utile ?

 

5. La protection du consommateur gabonais

 

L’AGASA reconnaît que les produits sont conformes aux normes gabonaises mais non conformes aux normes européennes. Ce différentiel de normes pose une question de fond : les normes gabonaises actuellement appliquées protègent-elles réellement le consommateur gabonais ? L’AGASA a-t-elle engagé un processus de révision de ces réglementation pour les aligner progressivement sur les standards internationaux les plus protecteurs ?

 

CE QUE NOUS DEMANDONS

La publication intégrale du certificat sanitaire à l’exportation délivré pour cette cargaison, avec indication du signataire et de la date.

 

La publication des résultats analytiques complets des lots concernés, produit par produit.

 

Une explication officielle sur les procédures internes de l’AGASA pour la certification export vers des marchés à normes plus exigeantes que les normes gabonaises.

 

Une réponse claire sur les mesures prises pour informer les consommateurs gabonais de la présence, sur le marché local, de produits dont certaines teneurs dépassent les seuils européens.

 

L’AGASA ne peut pas simultanément se féliciter d’avoir instruit le dossier avec rigueur et esquiver la question centrale : pourquoi une exportation vers la France a-t-elle été certifiée alors que des non-conformités aux normes UE sont établies ? Cette question n’est pas une attaque contre l’institution, c’est l’exercice normal de la redevabilité publique qu’une agence de sécurité sanitaire des aliments doit accepter et encourager.

 

La sécurité alimentaire des Gabonais mérite des réponses claires, pas des communiqués défensifs.

 

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