Mounguengui, le bâtisseur silencieux qui propulse l’arbitrage gabonais au sommet de la CAF

0

Pendant que certains commentent, Pierre Alain Mounguengui agit. L’envoi de quatre commissaires et arbitres de matchs gabonais au Caire pour une formation de haut niveau de la CAF n’est pas un fait divers. C’est une ligne de plus dans le bilan d’un président qui, mandat après mandat, installe le Gabon dans les rouages stratégiques du football africain. Clémence Ida Ossey, Huguette Bibaya Moudouma, Robert Mangollo Mvoulou et Pablo Moussodji Ngoma portent aujourd’hui les couleurs de la FEGAFOOT en Égypte. Mais derrière leurs valises, il y a une vision : celle d’un dirigeant qui a compris que l’influence d’une fédération ne se mesure pas qu’en buts marqués.

 

Car placer quatre officiels dans un atelier technique de la CAF, ce n’est pas un coup de chance. C’est le résultat d’une politique de formation, de lobbying et de crédibilité patiemment construite. La Confédération ne convoque pas au hasard. Elle sélectionne des profils validés, issus de fédérations jugées fiables. Si Le Caire accueille aujourd’hui Ossey, Bibaya Moudouma, Mangollo Mvoulou et Moussodji Ngoma, c’est que la FEGAFOOT inspire confiance. Et cette confiance a un nom : Pierre Alain Mounguengui. Depuis des années, il multiplie les passerelles avec Zurich et le siège de la CAF, transformant la FEGAFOOT en interlocuteur respecté.

 

L’atelier du Caire le confirme. Le programme est dense : organisation des rencontres, gestion des situations sensibles, maîtrise des outils numériques, respect des exigences réglementaires. On est loin du protocole. La CAF prépare ses commissaires et arbitres aux défis réels des compétitions modernes : sécurité, VAR, tensions politiques, normes anti-corruption. En y envoyant ses cadres, Mounguengui ne forme pas des figurants. Il prépare des décideurs capables d’encadrer une demi-finale de Ligue des champions ou un match couperet des éliminatoires du Mondial. C’est un investissement sur l’humain qui rapporte en influence.

 

L’homme est souvent décrit comme un survivant des tempêtes fédérales. Il faut corriger : c’est un stratège. Quand d’autres fédérations africaines se déchirent pour des postes, la FEGAFOOT place ses hommes et ses femmes dans les commissions, dans les stades, dans les instances. Le soft power, version football. Avoir des Gabonais comme commissaires et arbitres, c’est avoir des yeux et des oreilles au cœur du système. C’est peser sur l’application des règles, comprendre les mécanismes, et demain, défendre les intérêts du football gabonais avec légitimité. Mounguengui l’a compris avant beaucoup.

 

Le choix des quatre profils est aussi révélateur. Deux femmes, deux hommes. Clémence Ida Ossey et Huguette Bibaya Moudouma incarnent cette ouverture que Mounguengui imprime depuis plusieurs années : féminiser l’encadrement, casser les plafonds de verre, montrer que le Gabon joue collectif. Robert Mangollo Mvoulou et Pablo Moussodji Ngoma apportent l’expérience terrain. Ce casting équilibré dit une chose : la FEGAFOOT ne fait pas de la figuration, elle envoie ses meilleurs éléments. Et derrière chaque désignation, il y a le travail de fond d’un président qui suit les dossiers, valide les CV, rassure la CAF.

 

HeaderBanner

Les retombées dépassent les individus. Un commissaire formé au Caire revient avec des standards, des réseaux, une autorité. Il les répercute dans le championnat national, il tire vers le haut les compétitions locales, il devient formateur à son tour. C’est ainsi qu’un écosystème progresse. Mounguengui construit une chaîne de compétences : on envoie quatre officiels aujourd’hui pour en avoir douze demain, pour que le National-Foot 1 se joue avec des protocoles dignes de la CAF. Le président de la FEGAFOOT ne gère pas l’urgence, il prépare l’après.

 

Ses détracteurs parlent d’un homme accroché à son fauteuil. Les faits racontent autre chose : un dirigeant qui a traversé les crises, les suspensions, les campagnes de dénigrement, et qui livre encore des résultats concrets. Combien de fédérations de la sous-région peuvent se targuer d’avoir quatre commissaires en formation CAF simultanément ? Le Gabon le fait. Et ce n’est pas la première fois. Les arbitres, les instructeurs, les délégués gabonais sont régulièrement appelés. C’est la marque d’une diplomatie sportive efficace, pilotée au sommet.

 

Il faut enfin replacer ce déplacement dans le contexte. Le football africain change de braquet : droits TV, VAR, nouveaux formats de compétition, exigences sécuritaires. Les fédérations qui ne formeront pas leurs cadres seront spectatrices. Mounguengui refuse ce rôle pour le Gabon. En misant sur la compétence, il sécurise l’avenir. Les quatre commissaires au Caire sont les ambassadeurs d’une méthode : former, exposer, faire confiance. C’est ingrat, peu visible, mais c’est ce qui bâtit une fédération respectée.

 

Alors oui, le terme d’homme providentiel peut faire grincer. Mais quand un président maintient sa fédération à flot malgré les vents contraires, quand il ouvre les portes de la CAF à ses cadres, quand il transforme une petite nation de football en pourvoyeuse d’officiels pour le continent, le mot s’impose. Pierre Alain Mounguengui n’a pas besoin de slogans. Ses actes parlent. Le Caire, aujourd’hui, en est la preuve.

 

Les Ossey, Bibaya Moudouma, Mangollo Mvoulou et Moussodji Ngoma reviendront plus aguerris. Ils officieront sur les pelouses d’Afrique avec l’écusson de la CAF et le drapeau gabonais dans la tête. Et chacun de leurs rapports de match portera, en filigrane, la signature d’une politique : celle d’un président qui a fait de la formation et du rayonnement international son credo. Le Gabon du football avance. Discrètement, mais sûrement. Grâce à lui.

 

Aimé Jordan PANGO 

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.