Santé au Gabon : 5 jours pour débloquer les carrières et remettre l’hôpital sur les rails

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Libreville ouvre une table de négociation qui sent la poussière de dossiers accumulés. Du 18 au 22 mai 2026, Santé, Économie et Fonction publique se retrouvent face aux syndicats pour régler, une fois pour toutes, les situations administratives qui pourrissent le quotidien du personnel soignant.

 

Les travaux de la commission tripartite ont démarré ce lundi 18 mai. L’objectif est terre-à-terre : liquider les retards d’avancement, de reclassement, de régularisation de statut et de paiement qui plombent des centaines d’agents du ministère de la Santé. Pas de débat philosophique. Du concret, des noms, des matricules, des dates.

 

Autour de la table, on retrouve la Fonction publique, l’Économie et la Santé. Sans les arbitrages budgétaires et sans l’alignement sur les règles de gestion des agents publics, rien ne bouge. Mettre les trois dans la même salle évite le ping-pong administratif qui dure depuis des années.

 

Les syndicats et représentants du personnel participent aux discussions. C’est eux qui portent la liste des cas bloqués, les incohérences de grade, les contrats qui traînent. Leur présence change la nature du dialogue : on passe de la note interne à la confrontation directe avec la réalité du terrain.

 

La ministre des Affaires sociales, Armande Longo épouse Moulengui, a présidé l’ouverture au nom de la ministre de la Santé, Elsa Ayo épouse Bivigou. La ministre de la Fonction publique, Laurence Ndong, était également présente. Le signal est clair : l’État parle d’une seule voix et assume le portage politique.

 

Avant d’entrer dans le vif, Alain Charles Rotimbo, secrétaire général de la Santé, a été installé comme coordonnateur général des travaux. Son rôle est simple : structurer les dossiers, arbitrer les priorités, suivre l’exécution des décisions. Sans chef d’orchestre, une commission tripartite se transforme vite en réunion interminable.

 

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Un infirmier reclassé en retard, c’est un salaire mal calculé, une motivation qui baisse, un départ vers le privé. Un contrat non régularisé, c’est une précarité qui empêche de planifier. À l’échelle du système, ça se traduit par des postes vacants, des services sous-dimensionnés, des patients qui attendent. Régulariser, c’est stabiliser l’offre de soins.

 

L’Économie veille à la soutenabilité. La Fonction publique veille à l’équité et à la conformité. La Santé veille à la continuité du service. L’équation est simple : trouver des solutions qui respectent la règle, passent dans le budget, et débloquent rapidement les cas les plus urgents. Pas de passe-droit, mais pas de lenteur non plus.

 

Une commission réussie se mesure à ce qui sort après le vendredi 22 mai. Actes administratifs signés, rappels payés, affectations clarifiées, bases de données mises à jour. Si les décisions restent sur papier, la confiance repartira en arrière. Si elles sont exécutées, le climat change dans les hôpitaux et les centres de santé.

 

Les agents jugent une administration à sa capacité à tenir ses engagements. Régler les situations administratives, c’est reconnaître le travail accompli et donner envie de rester. Dans un secteur où la fuite des compétences fait mal, chaque dossier débloqué est un signal fort.

 

On ne répare pas un hôpital sans réparer la gestion de ceux qui y travaillent. Cette commission est l’occasion de montrer que l’État sait traiter ses propres agents avec la même rigueur qu’il exige d’eux envers les patients. Si le Gabon veut un système de santé crédible, il doit commencer par mettre ses maisons en ordre.

 

A J P

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