Transgabonais : Ludovic MEGNE NDONG prend le manche de l’ARTF, cap sur le contrôle et la modernisation

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5 juin 2026, Owendo. Au siège de l’Autorité de Régulation des Transports Ferroviaires, niché au Pont Nomba, un cheminot de terrain a repris la main. Ludovic Megne Ndong, ancien ministre de l’Habitat et ancien agent du rail, s’installe officiellement à la présidence du Conseil de Régulation de l’ARTF. Il remplace François Banga Eboumi. La passation s’est faite sobrement, sous l’œil du ministre de la Réforme François Ndong Obiang et du secrétaire exécutif Adrien Moukabi. Derrière la cérémonie, un signal politique : l’État veut un régulateur qui contrôle vraiment, et vite.

 

Ludovic MEGNE NDONG n’arrive pas en terrain inconnu. Il a porté le bleu de cheminot avant de porter le costume de ministre. Cette double casquette change tout. Il connaît les réalités du Transgabonais : les retards, les surcharges, les pannes, les tensions sociales, les zones grises entre Setrag et l’État.

 

En prenant la tête du Conseil de Régulation, il hérite d’un mandat clair : appliquer la feuille de route fixée par le Président Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA. Traduction : moins de discours, plus de vérifications sur le terrain, et un régulateur qui joue son rôle d’arbitre.

 

La première bataille sera réglementaire. Le nouveau PCR a annoncé vouloir faire appliquer sans délai la nouvelle ordonnance réorganisant l’ARTF. L’objectif est simple : moderniser les outils de régulation, clarifier les pouvoirs, et couper court aux zones d’ombre qui freinent les décisions.

 

Mais un texte ne sert à rien sans bras pour l’appliquer. D’où la deuxième priorité annoncée : redéployer les agents sur le terrain et remettre en marche les dispositifs de contrôle. Le régulateur ne peut pas rester derrière un bureau à Owendo pendant que le rail souffre à 600 km de là.

 

Première action concrète : une série d’inspections sur l’ensemble du corridor ferroviaire. De la gare d’Owendo à celle de Franceville, rien ne sera épargné.

 

Deux points sont déjà dans le viseur :

1. Le pont-bascule d’Essassa à Nkok : situé à 23 km de Libreville, cet équipement est clé pour contrôler les charges transportées. Un wagon surchargé, c’est un rail qui se déforme, un risque d’accident, et une perte pour l’État. Sa mise en service effective est un test immédiat de la crédibilité de l’ARTF.

 

2. Le scanner à bagages de la gare d’Owendo : installé mais pas encore exploité à plein régime. Pour les autorités, il s’agit de sécurité, de transparence et de qualité de service. Pour les usagers, c’est la preuve que l’État reprend la main sur les détails qui font la différence.

 

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Ludovic MEGNE NDONG l’a dit d’emblée : il veut un dialogue permanent avec les partenaires sociaux et les agents de l’ARTF. La régulation ne marche que si ceux qui contrôlent sont crédibles en interne.

 

Un régulateur divisé est un régulateur faible. En misant sur la cohésion interne, le nouveau président cherche à éviter les blocages administratifs et à accélérer les décisions. Le prochain Conseil de Régulation, déjà en préparation, sera le premier test. Plusieurs réformes structurantes y seront examinées pour adapter l’ARTF aux exigences d’un secteur ferroviaire en mutation.

 

Le Transgabonais n’est pas une ligne de train comme les autres. C’est la colonne vertébrale logistique du Gabon. Il transporte le manganèse de Moanda, le bois, les conteneurs, et des milliers de passagers.

 

Un régulateur efficace, c’est moins de surcharges qui détruisent les rails, moins de retards qui plombent les exportations, plus de sécurité pour les voyageurs, plus de transparence sur les redevances. En clair, c’est de l’argent public et privé qui ne part pas en fumée.

 

L’ARTF a été créée le 25 février 2010 comme Autorité Administrative Indépendante. Sur le papier, elle supervise, contrôle, régule, arbitre et conseille. Dans la pratique, elle a souvent manqué de mordant.

 

Avec l’arrivée de Ludovic MEGNE NDONG, le curseur bouge. Son passé de cheminot lui donne la légitimité technique. Son passage au gouvernement lui donne la connaissance des rouages de l’État. Les attentes sont donc élevées : on veut voir des contrôles, des rapports publics, des sanctions si nécessaire.

 

 

La passation de charges du 5 juin n’est pas un simple changement de nom à la tête de l’ARTF. C’est le lancement d’une phase de contrôle renforcé sur le rail gabonais. Les prochains mois diront si Ludovic MEGNE NDONG transforme l’essai.

 

Une chose est sûre : sur le Transgabonais, l’ère du “on verra plus tard” semble révolue. Le régulateur descend sur les rails. Et cette fois, il a intérêt à trouver ce qui ne va pas.

 

Source : Com ARTF

 

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