INJS : Paul Ulrich Kessany descend sur le terrain et met les étudiants à l’épreuve des faits

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Le ministre des Sports, Paul Ulrich Kessany, n’a pas fait un passage éclair à l’Institut National de la Jeunesse et des Sports. Il a pris le temps d’écouter la Mutuelle Estudiantine, de voir les bâtiments, et de confronter le discours aux réalités du campus. Un exercice simple, mais trop rare pour être banal.

 

À l’INJS, le ministre s’est assis face aux représentants des étudiants. Pas de discours fleuve, juste des questions concrètes sur la vie au quotidien : dortoirs, salles de cours, matériel pédagogique, terrains de sport. La Mutuelle Estudiantine en a profité pour poser sur la table les doléances qui s’accumulent depuis des mois.

 

Conditions de vie, état des infrastructures, organisation des activités sportives, notamment l’Interclasse INJS. Rien de nouveau sous le soleil, mais c’est justement le problème. Quand les mêmes points reviennent chaque année, c’est que les réponses ne suivent pas. La visite a eu le mérite de transformer la liste de plaintes en un échange direct avec celui qui peut débloquer.

 

La Mutuelle a salué la disponibilité du ministre. Et elle a raison de le souligner. Dans l’administration, le temps d’écoute est une ressource rare. Un ministre qui accepte de venir, de regarder, de poser des questions précises, envoie un signal clair : les étudiants ne parlent pas dans le vide.

 

Le tour des infrastructures n’était pas une visite de courtoisie. L’idée était de voir de ses propres yeux où ça coince : toitures qui fuient, vestiaires inutilisables, équipements manquants, salles de formation mal équipées. Un diagnostic visuel vaut mieux que dix rapports empilés sur un bureau.

 

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L’INJS forme les encadreurs, les éducateurs, les techniciens du sport de demain. Si l’institut tourne avec du matériel obsolète et des terrains impraticables, on fabrique des professionnels mal préparés. Or, le sport gabonais a besoin de cadres formés, pas d’amateurs livrés à eux-mêmes.

 

L’Interclasse est l’occasion de tester l’organisation, l’arbitrage, la gestion d’événements. Si l’événement est bâclé par manque de moyens, c’est toute la filière qui perd en crédibilité. Investir dans ce rendez-vous, c’est investir dans la professionnalisation du sport à la base.

 

La visite ne vaut que si elle débouche sur un calendrier. Quelles réparations prioritaires ? Quel budget mobilisable cette année ? Quelles procédures pour accélérer les achats et les travaux ? Les étudiants veulent des dates, pas des promesses vagues. Le ministre a l’occasion de transformer l’écoute en feuille de route.

 

La Mutuelle Estudiantine a rappelé qu’elle reste mobilisée. C’est sain. Un institut qui progresse, c’est un institut où l’administration écoute et où les étudiants suivent l’exécution. Le dialogue ne remplace pas le contrôle citoyen. Il le complète.

 

Ce qui se joue à l’INJS préfigure ce qui se passera dans les ligues, les clubs, les centres de formation du pays. Si on forme bien ici, on élève le niveau partout. Si on laisse pourrir, on exporte la médiocrité.

 

D’ici la rentrée, on saura si cette visite était un moment de communication ou le début d’un vrai rattrapage. Toiture réparée, matériel livré, planning de l’Interclasse sécurisé, suivi des doléances publié. Si ces points avancent, les étudiants auront eu raison de croire à l’écoute. Sinon, le ministre saura que la patience a des limites.

 

Aimé Jordan PANGO 

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