GAB’OIL : en 17 mois, Renée Patricia KU-KUMBE a fait passer la boîte du rouge au statut de machine de guerre
Vendredi 5 juin 2026, passation de charges à GAB’OIL. D’un côté Renée Patricia KU-KUMBE IVIGU, la DG qui part. De l’autre Éric Sounda, celui qui hérite du volant. Le verdict est tombé sans discussion : en 17 mois, elle a redressé un géant qui saignait depuis 3 ans. Chiffres à l’appui, gouvernance remise à plat, stations qui poussent comme des champignons. L’héritage est là. Reste à voir si le successeur tiendra le rythme.
On part de loin. Valeur ajoutée dans le rouge depuis 3 ans. Résultat à l’arrivée : +1,45 milliard FCFA de solde positif. Pas un petit coup de peinture. Un vrai retournement. La marge commerciale suit la même pente : 2,6 milliards en 2024, 4,186 milliards en 2025. Traduction simple : l’entreprise vend mieux, gère mieux, gagne mieux.
Pas de magie, juste du pilotage serré. Les stocks sont ajustés, les fuites colmatées, les achats calibrés. Résultat : plus de cash qui dort, plus de gaspillage. C’est ça qui a fait exploser la marge commerciale sans augmenter les prix de façon brutale.
6,9 milliards FCFA en caisse à son départ, contre 6,7 milliards à sa prise de fonction. Et ça, malgré des investissements massifs sur le terrain. Le seuil de sauvegarde n’a jamais été frôlé. En langage clair : elle a investi sans mettre l’entreprise en danger. Une trésorerie de fer, c’est ce qui permet de résister au moindre choc.
Les comptes 2021, 2022 et 2023 sont certifiés. Gouvernance saine, procédures respectées, audit clean. Après des années de zone grise, GAB’OIL retrouve une crédibilité auprès des banques, des partenaires et de l’État. Ça change tout quand il faut négocier un financement ou lancer un projet.
Le management de proximité s’est vu sur le terrain. Le réseau passe de 7 à 12 stations actives. Et ce n’est pas fini : Bikélé est à 90%, Moanda à 85%, Moabi à 65%. Chaque station qui ouvre, c’est un point d’accès de plus pour les Gabonais, plus d’emplois locaux, plus de présence de la marque.

Autre chantier sensible : le gaz. Acquisition de 10 000 bouteilles et réhabilitation des infrastructures pour sécuriser l’approvisionnement. Objectif affiché : remettre l’énergie au cœur des ménages gabonais, avec le respect strict des normes HSE. Quand le gaz revient à prix et qualité corrects, c’est tout le quotidien qui respire.
Renée Patricia KU-KUMBE IVIGU le dit elle-même : ce redressement s’est fait sous l’impulsion des plus hautes autorités, avec le président Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA en ligne de mire. La souveraineté énergétique n’est pas un slogan, c’est devenu un objectif opérationnel. Et GAB’OIL a été aligné là-dessus.
À l’heure de passer la main, la DG sortante revendique la ligne droite : « Je pars avec le sentiment du devoir accompli et une loyauté sans faille envers les institutions ». Pas de polémique, pas de bilan enrobé. Des chiffres, des stations, du gaz. Le reste parle tout seul.
L’héritage est lourd et brillant. GAB’OIL est redevenu un outil industriel performant, structuré, crédible. Le nouveau DG n’arrive pas pour éteindre un incendie. Il arrive pour faire passer la boîte à la vitesse supérieure. Maintenir le cap ne suffira pas : il faudra accélérer.
En moins d’un an et demi, GAB’OIL est passé de malade chronique à acteur clé de la souveraineté énergétique. Si le cap tient, le pays gagne en indépendance sur le carburant et le gaz, en emplois, en contrôle de sa chaîne de valeur. Et ça, c’est le genre de bilan qui se voit au quotidien, à la pompe comme à la maison.
Aimé Jordan PANGO
