Africa CEO Forum 2026 : à Kigali, le Gabon joue l’offensive industrielle et agricole

0

Kigali a été pendant deux jours le QG de l’économie africaine. Les 14 et 15 mai 2026, le gratin des PDG, banquiers et investisseurs s’est retrouvé pour l’Africa CEO Forum. Le thème claquait : _“Scale or Fail : Why Africa Must Embrace Shared Ownership”_. Traduction sans détour : soit on passe à l’échelle ensemble, soit on reste spectateur. Le Gabon n’a pas fait le déplacement pour écouter. Il est venu vendre un plan.

  

Le pays a frappé fort en envoyant son numéro un. La présence de Son Excellence Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA a donné le ton : ce n’est pas une mission de routine, c’est une opération de séduction au plus haut niveau. Quand le président se déplace, les portes s’ouvrent plus vite et les discussions passent du théorique au concret.

 

La délégation gabonaise avait de la gueule. À ses côtés, le ministre de la Planification, celui du Gaz et du Pétrole, celui de l’Agriculture. Et un acteur clé souvent sous-estimé : la Caistab, représentée par son DG Ismaël GNAMALENGOUNGOU OLIGUI. L’idée était simple : aligner l’État, les régulateurs et les opérateurs économiques pour parler d’une seule voix aux investisseurs.

 

Le message porté à Kigali tient en une phrase : transformer localement, pas juste exporter brut. Le Gabon a déroulé sa vision intégrée. Le Gabon minier, le Gabon gazier, le Gabon énergétique, et désormais le Gabon autosuffisant alimentaire. Quatre piliers qui se tiennent, avec une logique industrielle claire derrière.

 

Sur le volet agricole, l’offensive est ciblée. La Caistab a mis en avant les chaînes de valeur poulet de chair, café et cacao, piliers du Plan National de Développement et de Croissance Durable. Pas question de rester coincé au stade “graine et plume”. L’objectif est de monter en gamme : transformation, packaging, distribution, normes qualité. C’est là que la valeur et les emplois se créent.

 

HeaderBanner

Le Gabon ne cherche pas des chèques aveugles. Il cherche des partenariats technico-financiers avec transfert de technologie. Traduction : des investisseurs qui amènent du capital, mais aussi du savoir-faire, des procédés, des normes. Former des techniciens gabonais, installer des unités de transformation sur place, intégrer les producteurs locaux dans des chaînes structurées. La souveraineté économique passe par là.

 

Pour la Caistab, le forum était l’occasion de porter la voix des producteurs de café-cacao et des acteurs agricoles. Défendre leurs intérêts, ce n’est pas faire du social à perte. C’est montrer qu’on peut organiser des filières rentables, sécuriser l’approvisionnement, garantir la qualité, et ouvrir l’accès au marché régional et international. Les investisseurs aiment les volumes, mais ils aiment encore plus les volumes organisés.

 

Le positionnement du Gabon joue sur deux tableaux. D’un côté, des ressources naturelles solides qui rassurent. De l’autre, une volonté politique affichée de monter dans la chaîne de valeur. C’est ce mélange qui rend le pays crédible : on ne part pas de zéro, mais on refuse de rester au point de départ.

 

Kigali a servi de vitrine, mais l’enjeu est post-forum. Un bon pitch ne vaut que s’il se transforme en protocole signé, en usine qui sort de terre, en contrat d’approvisionnement, en formation de jeunes techniciens. Le vrai test, ce sera la capacité à convertir l’intérêt capté en deals bancables et en emplois locaux.

 

Le Gabon est reparti de Kigali avec une chose claire : la propriété partagée n’est pas un slogan. C’est un deal où l’investisseur gagne de l’argent en aidant le pays à transformer ses ressources chez lui. Si cette équation tient, le Gabon ne scale pas juste ses chiffres d’export. Il scale son industrie, ses compétences, et son autonomie.

 

Aimé Jordan PANGO 

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.