Moukalaba : on veut des ponts, pas des pirogues en 2026

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Chaque saison des pluies, c’est le même scénario sur la rivière Moukalaba. Les villages se retrouvent coupés du monde, les écoliers ratent des semaines de cours, les producteurs laissent pourrir leurs récoltes sur le bord de la piste. Pendant ce temps, les ponts modernes poussent ailleurs au Gabon. Alors la question fuse : à quand un ouvrage digne de ce nom sur la Moukalaba ?

 

La Moukalaba n’est pas un petit ruisseau. Elle structure la vie de tout le département de la Douigny dans la Nyanga. Mais sans pont solide, elle devient une barrière. Traverser, c’est prendre des risques. Pirogues de fortune, troncs d’arbres, traversées à pied quand le niveau le permet. En 2026, ça ressemble plus à un retour en arrière qu’à un projet de développement.

 

Ce n’est pas qu’une question d’inconfort. L’absence d’ouvrage permanent a un prix :

– Économie : les produits agricoles de la zone ne sortent pas. Prix cassés à l’achat, pénuries à la vente.  

– Santé : évacuer un malade vers Ndendé ou Tchibanga devient une course contre la montre.  

– Éducation : quand la rivière monte, l’école ferme. Des générations perdent des mois d’apprentissage.  

– Sécurité : les secours et les forces de l’ordre ne passent pas. L’État est absent de fait.

 

Le Gabon a montré qu’il sait construire des ponts modernes. Sur la N1, la N3, dans le cadre des projets routiers récents, des ouvrages métalliques et en béton ont vu le jour. La technique existe, les entreprises sont là, le financement peut être mobilisé via l’État, les partenaires ou les PPP. Le problème n’est donc pas technique. Il est politique et prioritaire.

 

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Un pont, ce n’est pas juste du béton et de l’acier. C’est un levier de développement :

1. Désenclavement : la Douigny redevient accessible 365 jours par an.  

2. Intégration économique : les marchés de Mouila, Ndendé, Tchibanga s’ouvrent aux producteurs locaux.  

3. Présence de l’État : administration, sécurité, services publics peuvent circuler.  

4. Attractivité : les investisseurs hésitent moins à s’implanter quand l’accès est garanti.

 

“Pas de trafic suffisant”, “trop cher”, “pas dans le budget 2026”… ces arguments ne tiennent pas face au coût de l’enclavement. Un pont se pense sur 30 ans. Chaque année sans ouvrage, c’est de la croissance perdue, des vies mises en danger, des jeunes qui quittent la zone. Attendre coûte plus cher que construire.

 

Le président Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA a fait de la réhabilitation des routes et du désenclavement une priorité. La Moukalaba doit entrer dans cette logique. Une étude de faisabilité, un montage financier clair, une entreprise capable de livrer en 18 à 24 mois. Le modèle existe. Il suffit de le déployer ici.

 

La question “à quand ce genre de pont sur la rivière Moukalaba ?” n’est pas une provocation. C’est un rappel que le développement ne peut pas se faire à deux vitesses. Tant que la Moukalaba séparera plus qu’elle ne reliera, la Douigny restera en marge. Les habitants ne demandent pas la lune. Ils demandent juste de pouvoir traverser sans risquer leur vie.

 

Aimé Jordan PANGO 

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