Ntoum : Randy Noël Ekwaghe Obame claque la porte du PDG et bascule chez les Bâtisseurs
5 mai 2026, Ntoum. Le 1er arrondissement vient de prendre un coup de chaud politique. Randy Noël Ekwaghe Obame, figure connue du PDG à Mekonam, ancien tête de liste aux locales et plusieurs fois conseiller municipal, a annoncé son départ du parti historique pour rejoindre l’Union Démocratique des Bâtisseurs. En public, devant ses sympathisants, sa famille et plusieurs cadres de l’UDB. Le message est clair : il tourne la page et veut servir autrement.
Randy Noël n’est pas un militant de base qui disparaît dans la nature. C’est un poids lourd local, rompu aux campagnes de terrain et au travail de conseiller municipal. Quitter le PDG à Ntoum, c’est retirer une pièce maîtresse de l’échiquier local. L’effet d’entraînement est immédiat : ses proches, ses soutiens, une partie de sa base électorale suivent le mouvement. L’UDB récupère du capital politique déjà structuré.
Dans son discours, il ne renie pas son passé. Il revendique ce qu’il a apporté au PDG et aux populations de Ntoum. « Je suis satisfait de tout ce que j’ai apporté », dit-il. Mais la satisfaction du chemin parcouru ne suffit plus. Il parle de « nouvelle trajectoire » et d’aspirations qui ne collent plus avec l’ancienne maison. Traduction : il veut un cadre politique aligné avec ce qu’il veut construire maintenant.
Le choix de l’Union Démocratique des Bâtisseurs n’est pas neutre. C’est le parti porté par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, qui structure actuellement la nouvelle offre politique du pays. Pour un élu local qui veut rester dans l’action, l’UDB offre trois choses : une dynamique nationale ascendante, un accès direct aux décideurs, et la possibilité de peser sur les projets concrets à Ntoum. Rester au PDG en 2026, c’est jouer dans une équipe en reconstruction. Rejoindre l’UDB, c’est prendre le train en marche.
Ce ralliement n’arrive pas dans le vide. Il s’inscrit dans un mouvement plus large de repositionnement politique dans la province. Des cadres, des élus, des notables quittent leurs anciennes chapelles pour rejoindre la formation présidentielle. L’objectif est pragmatique : être au cœur de la décision pour obtenir des infrastructures, des financements, des projets pour leurs bases. La politique locale se joue désormais sur la capacité à connecter Ntoum au plan national de développement.

Le risque est réel. Changer de parti, c’est perdre une partie des militants historiques et s’exposer aux accusations d’opportunisme. Mais c’est aussi l’occasion de recruter plus large, notamment auprès des jeunes et des électeurs qui veulent du concret plutôt que des étiquettes. S’il arrive à transformer ce ralliement en réalisations visibles à Mekonam et dans le 1er arrondissement, la bascule sera comprise. Sinon, l’opération tournera à vide.
L’UDB s’offre un cadre qui connaît le terrain, qui a un réseau, et qui sait mobiliser. À Ntoum, ça veut dire une implantation plus solide, une capacité à contrer les bastions adverses, et un relais crédible pour porter les orientations du parti présidentiel. Pour l’UDB, c’est moins un coup de com’ qu’un investissement politique à rendement électoral immédiat.
Les discours de ralliement, on en a vu beaucoup. La différence se fera sur le terrain dans les 12 prochains mois. Quels projets Randy Noël Ekwaghe Obame va-t-il ramener à Ntoum via l’UDB ? Routes, eau, écoles, appui aux jeunes entrepreneurs ? Sa crédibilité dépendra de sa capacité à convertir son nouveau statut en résultats palpables. Les électeurs de Ntoum ne jugeront pas sur l’étiquette, mais sur ce qui change dans leur quotidien.
Le départ de Randy Noël Ekwaghe Obame du PDG pour l’UDB confirme une chose : la carte politique du Komo-Mondah se redessine à grande vitesse. Les alliances ne sont plus figées, les loyautés se testent, et les élus locaux choisissent leur camp en fonction de leur capacité à peser sur le développement. À Ntoum, la partie reprend. Et cette fois, elle se joue avec de nouvelles pièces sur l’échiquier.
Aimé Jordan PANGO
