Gabon-Émirats : le pari industriel d’OLIGUI NGUEMA pour basculer dans l’économie de demain

0

Le déplacement du Président Brice Clotaire Oligui Nguema à Abou Dhabi marque un tournant. Ce n’est pas une visite protocolaire. C’est l’acte d’un Chef de l’État qui veut faire bouger les lignes en s’attaquant directement aux blocages structurels de l’économie gabonaise.

 

En allant à la rencontre des dirigeants de Kezad Group, filiale d’Abu Dhabi Ports Group, il ne cherche pas des promesses d’investissement. Il cherche un modèle qui a fait ses preuves, un savoir-faire industriel et des technologies capables de donner au Gabon les moyens de transformer ses ressources sur place.

 

Pour beaucoup de Gabonais, le nom de Kezad Group reste abstrait. Pourtant, c’est l’un des plus grands opérateurs de zones économiques intégrées au Moyen-Orient.

 

Né au sein d’Abu Dhabi Ports Group en 2006, Kezad conçoit des écosystèmes industriels complets. Sur un même site, production, stockage, énergie, ports, chemins de fer et aéroports sont connectés. L’objectif est simple : réduire les coûts, accélérer la logistique et ouvrir un accès direct aux marchés mondiaux.

 

Le groupe couvre plus de 12 secteurs stratégiques : agroalimentaire, automobile, métaux, énergie propre, tech, sciences de la vie. Il gère des centaines de kilomètres carrés de zones économiques et accueille des milliers d’entreprises grâce à une digitalisation poussée et une logistique ultra-performante.

 

C’est cette expertise que le Président est allé chercher. Avec une délégation technique réduite, il a présenté le potentiel gabonais : fer de Belinga, manganèse, bois, potasse, agriculture. Et un message clair : le Gabon refuse de rester exportateur de matières premières brutes.

 

Les discussions ont porté sur du concret : création de zones économiques spéciales nouvelle génération, modernisation des ports de Mayumba et Kobe-Kobe, optimisation de la chaîne logistique nationale. L’idée est d’adapter le modèle émirati au contexte gabonais pour industrialiser vite et bien.

 

L’enjeu est double : capter davantage de valeur ajoutée localement et créer des emplois durables pour la jeunesse. Le partenariat visé est gagnant-gagnant. Le Gabon apporte les ressources et le marché africain. Kezad apporte le capital, la technologie et l’expertise de gestion.

 

HeaderBanner

Trois raisons font de ce déplacement un moment charnière.

 

La ZES de Nkok a montré la voie pour le bois. Pour aller plus loin sur le fer, la potasse, le marbre ou l’agroalimentaire, il faut des zones industrielles connectées à des ports en eau profonde, avec énergie stable et procédures numérisées. C’est exactement le modèle Kezad.

 

En s’alliant à Abu Dhabi Ports Group, le Gabon s’arrime aux routes maritimes mondiales. Des ports plus performants signifient des coûts d’import-export plus bas, des produits gabonais plus compétitifs et des importations moins chères pour les entreprises et les ménages.

 

La logique est celle des partenariats public-privé. Les capitaux émiratis financent l’outil de production, pas la dette publique. Le pays se modernise tout en préservant sa souveraineté financière.

 

Les Émirats étaient un désert il y a 50 ans. Par la discipline, la vision et des structures comme Abu Dhabi Ports et Kezad, ils sont devenus un hub industriel et financier mondial.

 

Le Gabon a les ressources. Ce qui manquait, c’était l’alliage entre ces ressources et une ingénierie industrielle éprouvée.

 

En allant chercher cette excellence à Abou Dhabi, le Président Oligui Nguema ne fait pas de la communication. Il trace la voie d’un Gabon qui transforme, produit et crée de la valeur chez lui. Si le cap est tenu, ce voyage sera retenu comme le moment où le pays a choisi l’excellence économique comme boussole.

 

Aimé Jordan PANGO 

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.