ÉCONOMIE / DÉCRYPTAGE : Pierre Claver Maganga Moussavou relance les 5000 fermes-villages pour rebooster l’arrière-pays

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‎Libreville, le 21 juillet 2026 – Ancien Vice-Président, plusieurs fois ministre d’État sous les régimes Bongo, Pierre Claver Maganga Moussavou n’a pas rangé ses dossiers. A plus de 70 ans, l’homme politique revient avec une proposition structurante : les 5000 fermes-villages. Un projet qu’il présente comme la colonne vertébrale d’une vraie politique agricole pour la Ve République.

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‎Un projet né après la « provincialisation »

‎‎Figure du projet de provincialisation, Maganga Moussavou dit vouloir aller plus loin. L’objectif des 5000 fermes-villages est clair : « lutter contre l’exode rural et repeupler nos villes et villages ».

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‎Pour lui, le développement harmonieux du Gabon passe par la terre. Chaque ferme-village serait implantée sur près de 100 hectares et conçue comme un centre agricole mixte. Au programme : cultures vivrières, cultures de rente, élevage.

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‎« La terre ne ment pas », martèle-t-il. L’idée est de rendre sa dignité au travail de la terre et de fixer des milliers de compatriotes dans l’arrière-pays en créant des emplois directs et indirects sur l’ensemble du territoire.

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‎L’expérience n’est pas nouvelle pour lui. Depuis des années, il pilote la ferme de Moutassou, où il s’est fait une spécialité de l’élevage. Il évoque d’ailleurs les difficultés du terrain : une partie du cheptel y serait régulièrement vandalisée par des travailleurs du groupe Olam, les palmeraies voisines empiétant sur les zones de pâturage.

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Des freins à lever pour coller à la vision du Président

‎‎Maganga Moussavou salue la « détermination » du Président Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA sur le volet agricole. Mais il estime que l’autosuffisance alimentaire ne se décrète pas. Elle a besoin de projets « structurés et viables ».

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‎Et les blocages sont déjà identifiés. Premier point noir : l’accès au matériel agricole. Il dénonce l’opacité qui entoure la gestion des tracteurs de l’État.

‎« Comment voulez-vous conditionner la mise à disposition d’un tracteur pour labourer 1 hectare de terre, par le paiement de la somme de 150.000 FCFA ? », s’interroge-t-il. Une tarification qui est pour lui, une aberration voir incompatible avec la vision du Chef de l’État.

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‎Deuxième écueil : l’administration. L’ancien Vice-Président fustige « la lourdeur administrative » et la difficulté d’accès aux plus hautes sphères de décision.

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‎« Si je ne peux facilement voir le Chef de l’État ou son directeur de cabinet, comment puis-je l’aider à trouver des financements pour construire le pays ? »

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‎Il rappelle au passage avoir contribué à trouver des financements pour le rachat d’Assala. Un argument pour plaider en faveur de rencontres plus régulières avec le Président, afin de proposer des projets concrets de croissance durable.

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Une offre de service pour la Ve République

‎‎Au-delà de la critique, c’est une offre. Pierre Claver Maganga Moussavou se positionne comme un contributeur à la construction de la Ve République, notamment sur la promotion des investissements et le développement rural.

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‎Les 5000 fermes-villages veulent donc s’imposer comme l’outil opérationnel pour traduire en actes l’ambition agricole du pouvoir. Reste à savoir si ce _« bon cru »_ de la politique gabonaise obtiendra l’oreille et les moyens de l’Exécutif.

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‎Par Michel Mbina

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