[ TRIBUNE ] : les principaux dangers liés à la suppression des « avancements automatiques » pour tous les agents publics civils dans la Fonction Publique.
La suppression des « avancements automatiques » pour tous les agents publics civils pourrait bien être la réforme qui fissure le pacte entre l’État et ses fonctionnaires. Derrière une mesure budgétaire se cachent des risques majeurs : démotivation, fuite des compétences, et blocage de l’administration.
Mesdames, Messieurs,
Chers fonctionnaires civils,
Ce projet de loi peut notamment entraîner :
Dangers sociaux et humains
– Démotivation des agents : Sans perspective d’avancement claire, les fonctionnaires perdent l’envie de bien travailler.
– Baisse du pouvoir d’achat : Les avancements automatiques sécurisent la carrière et permettent de suivre l’inflation. Avec leur suppression, le salaire réel baisse chaque année.
Dangers administratifs et de performance

– Baisse de la productivité : Il va de soit que moins de motivation engendre moins de rendement dans les services publics : éducation, santé, justice… qui sont les fondements de la bonne gouvernance.
– Fuite des compétences : Ce projet de loi est aussi de nature à faire fuir les meilleurs agents, au bénéfice du privé, ONG, ou à l’étranger.
– Blocage de carrière : Des milliers d’agents publics civils resteront bloqués au même grade ou échelon pendant longtemps.
Dangers de gouvernance
– Clientélisme et favoritisme : Si l’avancement n’est plus automatique, il devient « au mérite » ou « sur décision ». Il y a un risque élevé d’arbitraire, de piston, de corruption, de passe-droits et de règlements de comptes.
– Tensions sociales : Par de devoir de mémoire, l’avancement automatique est une revendication historique des syndicats. Sa suppression expose inévitablement à un risque de grèves, marches, paralysie de l’administration publique.
Danger financier à long terme
Nous notons à juste titre un paradoxe : l’État veut faire des économies à court terme.
Mais à long terme il crée des agents démotivés, la mauvaise qualité du service public, et un coût des mouvements sociaux.
Cordialement.
