AGANOR : À PORT-GENTIL, LA DIRECTRICE GÉNÉRALE INSPECTE LA DÉLÉGATION PROVINCIALE ET RELANCE LA DYNAMIQUE
Ce n’était pas une simple visite de courtoisie. En marge de l’inauguration des Aciéries du Gabon par le Président Brice Clotaire Oligui Nguema ce 17 septembre à Port-Gentil, la Directrice Générale de l’AGANOR, Marina Pemba Mavoungou, a choisi de frapper un grand coup en interne. Pendant que les projecteurs étaient braqués sur le nouvel outil industriel du pays, elle a mené une opération terrain sans filtre au sein de la Délégation Provinciale de l’Ogooué-Maritime.
Accompagnée de son Directeur Administratif et Financier, Bertrand Boumi, et de son Chef de Service Systèmes d’Information et de Communication, Pierre-Brice Okane Obame, la patronne de la normalisation gabonaise a été accueillie par le Directeur Provincial, Arnaud Romick Ndzeng Emane. Pas de discours fleuve, pas de protocole inutile. Une visite d’inspection directe, les yeux dans les yeux avec les réalités du terrain.
Le message est clair : la nouvelle ambition industrielle du Gabon ne se décrétera pas depuis Libreville. Elle se construira dans les provinces, là où les usines s’implantent, là où les normes doivent être appliquées. Et l’Ogooué-Maritime, poumon économique du pays, est en première ligne. En débarquant à Port-Gentil le jour même où le pays inaugure ses premières aciéries, Marina Pemba Mavoungou pose un acte hautement politique : l’AGANOR ne sera plus une agence de papiers, mais une agence de terrain.
Trois axes ont structuré cette descente. D’abord, le nouveau bâtiment de la délégation. Le constat est là : les conditions d’accueil des usagers et de travail des agents se sont nettement améliorées. Des bureaux plus dignes, un cadre qui impose le respect du service public. Pour une agence qui prône la qualité, il fallait commencer par s’appliquer ses propres standards. C’est désormais chose faite.
Ensuite, la modernisation. Et là, on entre dans le dur de la transformation. Déploiement du réseau internet haut débit, installation de panneaux d’affichage clairs et visibles, mise en place d’une nouvelle signalétique aux normes. Ce qui peut paraître anodin est en réalité fondamental : comment exiger des entreprises qu’elles soient aux normes si l’administration qui les contrôle est elle-même déconnectée et invisible ? La DG l’a compris.

Le troisième axe était le plus important : l’humain. Un point d’étape opérationnel complet avec les huit collaborateurs de la délégation. Huit agents qui, au quotidien, font le travail de l’ombre : contrôle des produits, sensibilisation des opérateurs économiques, veille normative. Marina Pemba Mavoungou a pris le temps d’écouter, de questionner, de challenger. Pas de management à distance. Du management de proximité.
À l’issue des échanges, la Directrice Générale s’est dite satisfaite, mais pas rassasiée. Elle a salué le dévouement et le professionnalisme des équipes, une manière de reconnaître le travail accompli tout en mettant la barre plus haut. Car l’enjeu est immense. Avec les Aciéries du Gabon, avec la zone économique spéciale de Port-Gentil, le pays entre dans une ère où la norme n’est plus une option, c’est une condition de survie à l’exportation.
L’acier gabonais devra répondre aux standards internationaux les plus exigeants s’il veut se vendre. Sans certification AGANOR crédible, pas de marchés extérieurs. Sans AGANOR forte dans l’Ogooué-Maritime, pas de contrôle qualité efficace. La visite de ce 17 septembre prend donc tout son sens : c’est l’alignement stratégique entre l’outil industriel et l’outil normatif.
En somme, ce déplacement est un signal fort envoyé à toute l’administration gabonaise. On ne peut pas prôner la Ve République industrielle avec des services provinciaux au ralenti. Marina Pemba Mavoungou vient de montrer la voie : renforcer l’ancrage territorial, moderniser les outils et booster les équipes. À Port-Gentil, l’AGANOR ne s’est pas contentée de marquer sa présence. Elle a marqué son territoire.
Aimé Jordan PANGO
