GABON, PARLONS GABONAIS, PAS HAINEUX : DES INTELLECTUELS SONNENT L’ALARME CONTRE LA DÉRIVE DU DÉBAT PUBLIC

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LIBREVILLE – ACTUALITE241- À l’approche de la fête de l’indépendance, des spécialistes des questions politiques et sociales ont choisi de hausser le ton. Réunis en conférence de presse sous le thème Gabon, parlons gabonais, pas haineux, ils appellent à  stopper les injures et faire place au respect, au patriotisme et à la cohésion. 

 

Leur constat est sans appel : le débat public gabonais s’enlise dans « le dénigrement systémique, la provocation et le commerce de l’insulte. »

 

« La bêtise, c’est de tout dire au nom de la liberté »

Pour les intervenants, le problème dépasse les clivages politiques. Il touche à l’éthique du discours public.

 

« Face à cette dérive, rappelons Albert Camus : la bêtise insiste toujours. Cette bêtise, c’est de penser qu’au nom de la liberté on peut se permettre de tout dire, sans pudeur, sans morale, sans limite », ont-ils déclaré.

 

Un message adressé en priorité à la jeunesse : « Ces enfants de la République qui doivent porter haut les valeurs de notre nation digne ont besoin d’exemples, pas de modèles de dénigrement. »

 

D’où une exigence claire : « Nous condamnons cette dérive et nous exigeons qu’elle cesse. »

 

La conférence s’est faite l’écho d’un appel à la responsabilité. D’abord aux professionnels des médias et aux acteurs du numérique :

 

« Il n’est pas bon de faire l’apologie de cette paresse humaine. Nous vous exhortons à ne pas vous faire les relais de cette bêtise. »

 

Ensuite à l’appareil judiciaire : « Nous l’appelons respectueusement à tirer toutes les conséquences de cette dérive. Il faut de la vigueur pour corriger ce grand banditisme moral, institutionnel et transfrontal. »

 

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Les intervenants citent Montesquieu pour appuyer leur propos : « Être libre, c’est faire tout ce que les lois permettent. » Autrement dit, la liberté a un cadre : la loi. Et la loi ne permet ni l’injure, ni la diffamation, ni l’atteinte à la dignité.

 

Refusant le piège de « la pensée unique » et du « dialogisme de convergence » dénoncé par certains philosophes, les conférenciers plaident pour un débat démocratique vivant.

 

« La contradiction est le cœur battant de notre démocratie. Mais qu’elle se nourrisse d’arguments, de réflexion et d’expertise. Opposons à la tyrannie de l’injure la dialectique de la construction, pacifique et harmonieuse de notre vivre-ensemble. »

 

Ils se présentent comme « des relais contemporains de l’ADN pacifique et intellectuel de notre grande nation. »

 

Le timing n’est pas anodin. À quelques heures des célébrations du 17 août, les intervenants rappellent l’héritage républicain :

 

« Depuis 1960, tous les présidents se sont battus pour une République et une cohésion sociale forte. Il n’est donc pas question aujourd’hui de laisser quelques-uns s’élever pour insulter les représentants de notre République en toute impunité. »

 

« Il n’est plus acceptable d’attaquer la République, d’attaquer nos institutions, quel que soit le motif », ont-ils martelé.

 

Autour du porte-parole se trouvaient des profils variés : spécialistes en stratégie politique, philosophie politique, sociologie du pouvoir, suivi-évaluation des politiques publiques et droit.

 

Objectif affiché : apporter « une contribution significative pour resituer l’esprit du débat et défendre les valeurs de la République. »

 

En conclusion, un vœu : « Soyons les artisans d’un Gabon où l’on critique avec respect, où l’on débat avec des arguments, et où l’on construit ensemble. Gabon, parlons gabonais, pas haineux. »

 

Aimé Jordan PANGO 

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