GATINEAU : HERMANN KAMONOMONO S’INSPIRE DU MODÈLE QUÉBÉCOIS POUR RÉINVENTER LE LOGEMENT SOCIAL EN AFRIQUE

0

De la crise à l’action. C’est autour de ce mot d’ordre fort que s’est tenu ce jeudi à Gatineau, au Québec, le Forum Régional en Habitation Communautaire de l’Outaouais. À l’invitation de la Fédération des OSBL d’Habitation de l’Outaouais, la FOHO, Hermann Kamonomono a pris part à cette grande messe de la réflexion sur l’habitation sociale de demain.

 

Dans un contexte mondial où la crise du logement frappe de plein fouet les villes du Nord comme celles du Sud, le forum a imposé une évidence : on ne peut plus se contenter de constater, il faut agir. Et agir ensemble. Autour de la table, élus, municipalités, organismes communautaires, institutions financières, acteurs privés et citoyens ont confronté leurs idées avec une conviction commune, celle que le logement abordable ne peut être l’affaire d’un seul acteur.

 

Ce qui a le plus marqué Hermann Kamonomono, c’est la mécanique bien huilée de ce modèle québécois. Une mécanique qui repose sur trois fondamentaux trop souvent déconnectés en Afrique : la concertation réelle, l’ancrage territorial fort et la complémentarité entre les pouvoirs publics, les municipalités, le milieu communautaire et les banques. Ici, un projet ne sort pas de terre par décret, il naît d’une alliance.

 

Au Québec, l’habitation communautaire n’est pas une charité, c’est une stratégie. Les OSBL d’habitation, ces organismes sans but lucratif, gèrent des milliers de logements avec une mission : maintenir les loyers hors de la spéculation et garder les populations dans leur milieu de vie. Un modèle où le profit ne dicte pas tout, où la ville donne le foncier, où la banque sécurise, où le citoyen participe. C’est cette philosophie qui fait la différence.

 

HeaderBanner

Pour Afrique Habitat, la structure que porte Hermann Kamonomono, l’intérêt de ce détour par Gatineau est évident. L’ambition n’est pas de faire du copier-coller. Il s’agit d’aller chercher ce qui marche ailleurs, de comprendre ses ressorts profonds, pour ensuite l’adapter intelligemment aux réalités africaines.

 

Car l’Afrique fait face à un défi colossal : loger une population urbaine qui explose, avec des revenus modestes et un marché immobilier largement informel et spéculatif. Les modèles étatiques classiques ont montré leurs limites, les promotions privées haut de gamme excluent 80% de la population. Il faut inventer une troisième voie, africaine, innovante, inclusive et surtout financièrement viable.

 

C’est tout le sens de la démarche : transformer l’inspiration québécoise en solutions concrètes pour Libreville, Abidjan ou Dakar. Comment créer des coopératives d’habitation viables ? Comment mobiliser l’épargne locale ? Comment convaincre les mairies africaines de jouer le jeu du foncier social ? Le forum a ouvert des pistes précieuses.

 

Au final, comme il le résume, passer de la crise à l’action, c’est cesser de parler du droit au logement pour commencer à le construire, projet par projet, partenariat par partenariat. Un message fort ramené de Gatineau, avec les remerciements appuyés à la FOHO et à tous les intervenants pour la qualité des échanges.

 

Aimé Jordan PANGO 

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.