PRESSE : DÉSIRÉ ENAME CONVOQUÉ À LA SÛRETÉ URBAINE. COÏNCIDENCE OU RIPOSTE DU POUVOIR ?

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LIBREVILLE – ACTUALITE241-Stupeur dans les rédactions. Désiré Ename, Directeur de Publication du journal Échos du Nord, a reçu une convocation de la Direction de la Sûreté Urbaine. Problème : cette administration de police n’est nullement compétente en matière de délits de presse.

 

Une anomalie de procédure qui intervient au moment précis où le journal tourne le dos au pouvoir et renoue avec son rôle de contre-pouvoir.

L’information est tombée comme un coup de tonnerre. L’homme de presse est attendu pour s’expliquer. Sur quoi ? Mystère.

 

Car en droit gabonais, les délits de presse relèvent du tribunal judiciaire et de la procédure prévue par la loi sur la communication. La Sûreté Urbaine n’a donc rien à y faire.

 

D’où les questions : de quelle affaire parle-t-on ? D’un dossier de droit commun ? Ou d’un message politique déguisé en convocation administrative ?

Pour beaucoup, le timing n’est pas anodin. Il coïncide avec un virage éditorial net d’Échos du Nord.

 

Durant toute la période de transition, le journal avait joué le jeu. Porteur d’eau, soutien indéfectible du pouvoir militaire. Une ligne de loyauté assumée.

 

Mais depuis la fin de la transition, le ton a changé. Échos du Nord a décidé de reprendre ses libertés. Critiques, enquêtes, éditoriaux tranchés : le journal est revenu à sa traditionnelle ligne de contre-pouvoir.

 

Et c’est dans ce contexte que la convocation arrive. Une coïncidence ? Dans l’opinion, peu y croient.

 

« Pas de guet-apens » : Ename envoie d’abord un mandataire. Prévue ce mercredi 12 août 2026 en matinée, la convocation n’a pas été honorée par le principal intéressé.

 

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Désiré Ename dit « ne rien comprendre » des mobiles sous-jacents. Pour éviter tout risque, il a choisi de privilégier l’option légale : se faire représenter par un mandataire, conformément aux textes en vigueur.

 

Objectif affiché : éviter tout « guet-apens » et s’assurer de la légalité de la procédure.

 

Rendez-vous ce jeudi : le directeur ira en personne.
Rien de concret n’est ressorti de l’audition du mandataire. Le flou demeure.

 

Conséquence : Désiré Ename se rendra lui-même à la Sûreté Urbaine ce jeudi 12 août 2026. Il veut « voir clair » et comprendre pourquoi la police judiciaire s’intéresse à un directeur de publication.

 

Un test pour la liberté de la presse

Au-delà du cas Ename, c’est toute la profession qui retient son souffle.

 

Si un journaliste peut être convoqué en dehors du cadre légal dès qu’il critique, alors c’est la liberté de la presse qui est menacée.

 

Le pouvoir militaire, qui a promis la rupture et l’État de droit, est donc attendu. Va-t-il apporter des explications claires ? Va-t-il respecter la procédure ?

 

En attendant, Échos du Nord continue de paraître. Et son directeur assume : reprendre ses libertés, c’est aussi prendre ses responsabilités.

Affaire à suivre.

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