GABON : MBA NTEME, 40 ANS DE DÉTENTION, L’APPEL À LA GRÂCE D’OLIGUI NGUEMA

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« Monsieur le Président Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, je veux vous rencontrer vis-à-vis ».

La voix est fatiguée, mais la demande est claire. Mba Nteme, considéré comme le détenu le plus ancien d’Afrique centrale, purge une peine depuis 40 ans. Aujourd’hui, il lance un appel direct au chef de l’État : la grâce.

 

Quatre décennies. C’est toute une vie passée en prison. Mba Nteme dit ne pas comprendre pourquoi, malgré plusieurs grâces présidentielles accordées au Gabon ces dernières années, son nom n’est jamais sorti.

« Quel est ce péché qui n’est pas pardonnable ? » interroge-t-il. Une question simple qui renvoie à un débat plus large : la prison à vie a-t-elle encore un sens après 40 ans ?

 

Dans son message, le détenu pointe une réalité vécue dans beaucoup de prisons : le sentiment d’abandon.

« Si j’avais un parent haut placé, je ne serai plus ici aujourd’hui », lâche-t-il. Derrière la phrase, c’est la dénonciation de deux poids, deux mesures et l’appel à une justice qui regarderait l’homme, pas seulement le dossier.

 

Les organisations de défense des droits humains le rappellent : Mba Nteme est physiquement épuisé. L’âge, la maladie, l’isolement ont fait leur œuvre.

Permettre à ce vieillard de retrouver sa famille serait un acte d’humanité. Il ne s’agit pas d’effacer les faits du passé, mais de reconnaître que la peine a été payée, au-delà de toute mesure.

 

Au Gabon comme ailleurs, la grâce présidentielle n’est pas une faiblesse. C’est une prérogative du chef de l’État, un geste souverain qui répare, apaise et montre que la société sait pardonner.

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Brice Clotaire Oligui Nguema en a déjà usé. Le cas Mba Nteme pourrait devenir le symbole d’une clémence assumée, tournée vers les plus oubliés.

 

L’argument des proches et des défenseurs est simple : 40 ans changent un homme. La prison n’est pas seulement une punition, elle doit aussi préparer au retour.

Après quatre décennies, quel danger représente encore ce détenu ? Et à l’inverse, quelle image le pays renvoie-t-il en maintenant enfermé un vieillard brisé ?

 

Le Gabon est observé. Sur la question des droits humains, les libérations pour raison d’âge et de santé sont devenues une norme.

Gracier Mba Nteme, ce serait montrer que le Gabon sait tourner une page sans renier la justice. Ce serait envoyer au monde l’image d’un pays capable de clémence et de dignité.

 

Mba Nteme ne demande pas l’oubli. Il demande la fin.

40 ans, c’est plus qu’une peine. C’est une vie entière.

Monsieur le Président, recevez-le vis-à-vis. Écoutez l’homme derrière le matricule.

 

La justice a parlé il y a 40 ans. L’humanité peut parler aujourd’hui.

Rendre sa liberté à Mba Nteme, ce ne serait pas trahir la loi. Ce serait l’honorer, en lui donnant un visage humain.

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