CINÉMA GABONAIS : L’IGIS VEUT PASSER EN MODE EPIC POUR ENFIN FAIRE DÉCOLLER LE 7E ART

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C’est une petite révolution qui se prépare dans les coulisses du cinéma gabonais. Du 13 au 15 octobre 2026, à Akanda, l’Institut Gabonais de l’Image et du Son (IGIS) a réuni sa commission des textes pour un chantier d’une importance capitale : réécrire son propre avenir.

 

Sous l’impulsion du Ministère de la Communication et des Médias, les experts ont planché pendant trois jours sur une batterie de projets de lois et de décrets. L’objectif est clair : moderniser de fond en comble le cadre juridique et organique d’un établissement à bout de souffle.

 

Au cœur de toutes les discussions, une mesure phare, une véritable mutation statutaire. L’IGIS veut abandonner son costume trop étriqué d’Établissement Public à caractère Administratif (EPA) pour revêtir celui, beaucoup plus dynamique, d’Établissement Public à caractère Industriel et Commercial (EPIC).

 

Pourquoi ce changement de sigle qui peut paraître technique est-il si crucial ? Parce qu’il change tout. Aujourd’hui, en tant qu’EPA, l’IGIS est prisonnier d’une lourde bureaucratie administrative. Il ne peut pas produire, vendre, faire du bénéfice, signer librement des contrats. Demain, en tant qu’EPIC, il pourra enfin agir comme une véritable entreprise culturelle.

 

Concrètement, ce nouveau statut va lui donner les armes qui lui manquaient : une autonomie financière réelle pour gérer ses recettes, la capacité légale de produire des films et de valoriser les œuvres, et surtout, la liberté de conclure des partenariats juteux avec des opérateurs privés, des chaînes internationales et des géants du streaming comme Netflix ou Canal+.

 

Cette ambition n’est pas nouvelle. Elle a été validée dans son principe par le Conseil d’Administration de l’Institut lui-même lors de sa séance décisive du 30 avril 2026. Ce qui se passe à Akanda n’est donc que la concrétisation d’une vision mûrement réfléchie.

 

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Car l’enjeu dépasse largement l’IGIS. Il s’agit de refonder toute la gouvernance du cinéma gabonais. Avec un statut d’EPIC, l’Institut pourra mieux accompagner les jeunes réalisateurs, financer des tournages, structurer la filière et rendre le métier de cinéaste enfin viable au Gabon.

 

Le constat est amer : malgré un vivier de talents immense, le Gabon peine à exister sur la carte du cinéma africain, dominé par le Sénégal, le Nigeria ou le Burkina Faso. Faute de moyens et d’un cadre légal adapté, nos histoires ne sont pas racontées.

 

À l’issue de ces trois jours de travaux intenses à Akanda, les projets de textes adoptés vont désormais prendre le chemin du pouvoir. Ils seront transmis au Secrétariat Général du Gouvernement pour être introduits dans le circuit législatif, avant leur examen et vote final par le Parlement et le Sénat.

 

C’est donc une course contre la montre qui s’engage. Mais l’ambition affichée par le Ministère de la Communication et des Médias est sans équivoque : faire de l’IGIS une institution performante, moderne et conquérante.

 

Une institution qui ne sera plus une simple administration, mais le moteur d’une véritable industrie. Une institution dédiée à la création contemporaine, à la sauvegarde de notre patrimoine audiovisuel, et surtout, au rayonnement du cinéma gabonais sur les écrans du monde entier.

Aimé Jordan PANGO 

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