FOOTBALL FÉMININ : LIBREVILLE AU CŒUR DE LA PRÉPARATION DES FUTURES TALENTS D’AFRIQUE CENTRALE
La capitale gabonaise accueille, du 4 au 10 novembre 2026, la première édition du Tournoi Amical International de Football Féminin (TAIFF) d’Afrique centrale.
Une initiative qui réunit plusieurs sélections de la sous-région autour d’un même objectif, notamment renforcer le niveau de compétitivité des jeunes joueuses et préparer la prochaine génération du football féminin africain.
Libreville devient, durant une semaine, l’un des points de convergence du football féminin en Afrique centrale. Organisé par le Collectif de Football Féminin de l’Afrique Centrale (COFFAC), avec l’appui de la Fédération gabonaise de football (FEGAFOOT) et de la FIFA, le TAIFF 2026 entend offrir aux jeunes footballeuses un espace d’expression, d’apprentissage et de confrontation sportive.
Loin de se limiter à une simple succession de rencontres amicales, ce rendez-vous sous-régional ambitionne de contribuer à la préparation des sélections féminines U20 en prévision des prochaines échéances continentales, notamment la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) de la catégorie.
Cette initiative s’inscrit également dans la dynamique de promotion et de structuration du football féminin portée par la FEGAFOOT, sous la présidence de Pierre-Alain Mounguengui. La formation, l’identification des jeunes talents et la multiplication des opportunités de compétition figurent parmi les enjeux majeurs de cette politique de développement.
La cérémonie inaugurale a notamment enregistré la participation des représentants du COFFAC, de Clémence Ossey, vice-présidente de la FEGAFOOT et présidente de la Commission du football féminin gabonais, ainsi que de plusieurs personnalités et acteurs du mouvement sportif national.
Une première journée riche en enseignements sportifs
Sur le terrain, les premières confrontations ont donné le ton d’une compétition placée sous le signe de l’engagement et de l’évaluation des jeunes talents.
En ouverture du tournoi, la sélection gabonaise a connu une entrée difficile face à Sporting Nyanga. Les Panthères se sont inclinées sur le score de 5 buts à 2, au terme d’une rencontre qui a néanmoins permis au staff technique d’observer les capacités de son groupe.
Pour la sélectionneuse nationale, Jeanne Moussavou, le résultat ne constitue pas l’unique indicateur de cette première sortie. L’essentiel résidait également dans l’observation des joueuses et l’identification des ajustements nécessaires à leur progression.
« Les filles sont en évaluation par rapport à la compétition, parce que c’est l’objectif de cette sélection. Pour moi, je pense que l’objectif est atteint. Cela me permet de mettre en place un plan de jeu qui pourra leur permettre de progresser à l’avenir », a-t-elle expliqué.
Du côté de Sporting Nyanga, la satisfaction repose davantage sur l’état d’esprit affiché par les joueuses. Malgré les difficultés liées à l’absence d’un championnat régulier, la formation a su faire preuve de détermination et démontrer un potentiel intéressant.
Dans le camp de l’équipe, Ntogone Mezui Alvina a particulièrement insisté sur la nécessité de redynamiser les compétitions nationales afin de permettre aux footballeuses d’évoluer dans un environnement sportif plus structuré.
Elle estime que les joueuses ont démontré leurs capacités malgré le manque de compétition, tout en reconnaissant la qualité de l’adversaire. Pour elle, la relance du championnat demeure indispensable à l’amélioration des performances et à la progression du football féminin.

Un constat qui remet au premier plan une problématique récurrente : sans calendrier sportif régulier, difficile pour les joueuses de maintenir leur niveau, de gagner en expérience et de prétendre durablement à une place dans les sélections nationales.
Le Congo convaincant, le Tchad et la RCA se neutralisent
La deuxième affiche de cette journée inaugurale a opposé le Congo à Sao Tomé-et-Principe. Plus entreprenantes et efficaces dans les phases offensives, les Congolaises ont rapidement pris l’ascendant sur leurs adversaires pour finalement s’imposer sur le score de 4 buts à 1.
Une victoire qui permet à la sélection congolaise de débuter la compétition dans de bonnes dispositions et d’afficher ses ambitions pour la suite du tournoi.
La dernière rencontre au programme a mis aux prises la République centrafricaine (RCA) et le Tchad. Dans une opposition marquée par un engagement tactique soutenu, les deux formations ont chacune eu l’occasion de faire la différence.
Les Tchadiennes ont d’abord trouvé le chemin des filets avant de voir leurs adversaires revenir au score. Malgré les efforts déployés de part et d’autre pour arracher la victoire, aucune équipe n’est parvenue à prendre définitivement le dessus. Les deux sélections se sont finalement quittées sur un résultat nul d’un but partout (1-1).
Le TAIFF, un tremplin vers les prochaines échéances continentales
À l’issue des résultats enregistrés lors de cette première journée, le véritable enjeu du TAIFF 2026 se situe dans les perspectives qu’offre cette compétition aux différentes nations participantes.
À l’approche des prochaines échéances continentales de la catégorie U20, les rencontres constituent autant d’occasions pour les encadrements techniques de jauger leurs effectifs, de travailler les automatismes collectifs et d’expérimenter différentes options tactiques.
Pour les joueuses, il s’agit également de gagner en expérience, de se confronter à des adversaires de profils différents et de démontrer leur capacité à évoluer dans un environnement compétitif.
Le tournoi représente ainsi une opportunité pour les staffs techniques de mieux cerner les profils prometteurs susceptibles de renforcer les sélections nationales dans les années à venir.
Mais cette ambition ne pourra véritablement porter ses fruits sans un accompagnement durable. Le développement du football féminin en Afrique centrale nécessite notamment des championnats structurés, des programmes de formation adaptés, un encadrement technique renforcé et des investissements conséquents dans les infrastructures.
En soutenant cette première édition, la FEGAFOOT, avec l’accompagnement de la FIFA et du COFFAC, contribue à donner davantage de visibilité aux initiatives en faveur du football féminin et à encourager la multiplication des espaces de compétition pour les jeunes joueuses.
Plus qu’un simple tournoi amical, le TAIFF 2026 se positionne donc comme un cadre de détection, de préparation et de valorisation des talents féminins d’Afrique centrale. Pour le Gabon et les autres nations engagées, l’enjeu est désormais de transformer cette expérience sportive en véritable levier de progression, avec en ligne de mire l’émergence d’une nouvelle génération capable de porter haut les couleurs de la sous-région sur la scène africaine.
Par MBOUTSOU/CCPMBDE
