Aéroport de Libreville : les femmes prennent la piste pour redessiner l’avenir
Libreville, 8 mai 2026 – La plateforme aéroportuaire a eu des airs de podium et de tribune ce vendredi. Le comité des femmes de ADL / GSEZ Airport a célébré en différé la Journée Nationale de la Femme Gabonaise, et l’événement n’a rien eu d’une simple réception de courtoisie. Objectif affiché : impulser une nouvelle dynamique sur l’aéroport et mettre en lumière le rôle concret des femmes dans l’écosystème aéroportuaire.
Première étape, la mise en place officielle du bureau du comité, conduite par Missi Mo Okassi. Un signal clair : l’organisation des femmes de l’aéroport passe du projet à l’action structurée. Derrière les discours, il s’agit de peser sur les décisions, de créer des passerelles entre métiers, et de faire remonter les besoins du terrain.
Le programme a mêlé immersion et réflexion. Un film reportage a défilé pour montrer, métier par métier, ce que font les femmes à l’aéroport : sûreté, escale, maintenance, logistique, administration, accueil. Pas de folklore, du réel. Les panels qui ont suivi ont creusé deux sujets qui pèsent : “Femme et métiers en milieu aéroportuaire” et “L’autonomisation de la femme gabonaise”. Entre expériences vécues et propositions pratiques, les échanges ont évité le consensuel pour poser des questions concrètes sur la formation, l’accès aux postes techniques, et la conciliation vie pro-vie perso.
La culture n’était pas en reste. Le défilé de mode, monté avec des stylistes locaux, a mis la tradition gabonaise sur le tarmac. Wax, coupes modernes, savoir-faire artisanal : la scène a rappelé que l’économie créative a aussi sa place dans l’aéroport, de la boutique à la logistique, de l’événementiel à la restauration. Une manière de dire que l’autonomisation passe aussi par la valorisation des filières locales.

L’ONG Malachie a marqué sa présence par la voix de sa présidente, Pépécy Ogouliguende née Mavikana. Son déplacement confirme l’engagement de l’organisation sur la promotion et l’autonomisation des femmes. Un appui associatif qui donne du poids aux revendications et ouvre des ponts avec les programmes d’accompagnement hors plateforme.
Au-delà des photos et des panels, l’enjeu est simple. Faire en sorte que l’aéroport ne soit pas juste un lieu de transit pour les talents féminins, mais un tremplin. Cela passe par des parcours de formation ciblés, des quotas de progression interne, un meilleur accès aux filières techniques, et des partenariats avec les écoles et les centres de formation. Le comité des femmes de ADL met la pression amicale pour que ces leviers bougent.
La journée s’est refermée sur des félicitations nourries pour les organisateurs. Mais l’initiative ne vaut que si elle débouche sur des actes : bourses de formation, mentoring, visibilité des parcours féminins, commandes aux ateliers locaux. L’aéroport de Libreville a la taille critique pour devenir une vitrine. Il reste à transformer l’élan du 8 mai en indicateurs mesurables.
En mettant la femme gabonaise au centre de la piste, ADL / GSEZ Airport envoie un message à tout le secteur : l’aéroport de demain se construit avec les compétences d’aujourd’hui, et elles sont féminines, techniques, créatives, et prêtes à décoller.
Aimé Jordan PANGO
