Port-Gentil sort le carnet de bord contre les risques industriels

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Port-Gentil, 7 mai 2026 – La capitale économique a mis les bouchées doubles sur la sécurité industrielle. Ce jeudi, la salle Étienne Makagha de la mairie du 1er arrondissement s’est transformée en QG de la prévention. Au centre du jeu : le lancement du Document Unique d’Évaluation des Risques Industriels, le DUERI, sous le thème « La promotion d’une véritable culture de prévention des risques industriels ».  

 

C’est le ministre de l’Industrie et de la Transformation Locale, Me Lubin Ntoutoume, qui a donné le coup d’envoi de l’atelier. Objectif affiché : passer d’une logique de réaction après l’accident à une culture d’anticipation au quotidien. Fini le “on verra bien”, place aux check-lists, aux diagnostics de terrain et aux responsabilités clairement identifiées.

 

La gouverneure de l’Ogooué-Maritime, Françoise Assengone Obame, ne s’est pas contentée d’un passage éclair. Elle a salué l’initiative et martelé que la province ne peut plus se permettre de traiter la sécurité industrielle comme une option. Pour elle, chaque usine, chaque chantier, chaque zone logistique doit intégrer la prévention dans son ADN si Port-Gentil veut rester attractive et crédible aux yeux des investisseurs.

 

L’ambiance était moins protocole que travail de chantier. Industriels, cadres techniques, responsables HSE et élus locaux ont planché sur le DUERI comme sur un outil concret, pas sur un document de plus à classer. Identification des dangers, évaluation des risques, plan d’action : l’idée est de rendre chaque site capable de dire où ça coince avant que ça pète.

 

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Le DUERI change la donne parce qu’il met la responsabilité sur la table. Désormais, chaque entreprise doit pouvoir prouver qu’elle sait où sont les points chauds et ce qu’elle fait pour les refroidir. C’est moins spectaculaire qu’une inauguration, mais c’est ça qui évite les drames et les arrêts de production qui coûtent cher.

 

En marge de l’atelier, la délégation a mis le cap sur l’île Mandji. Visite du futur site industriel, regards braqués sur ce qui doit devenir un levier stratégique pour la transformation locale. L’enjeu est simple : faire de Port-Gentil un hub qui transforme sur place plutôt que d’exporter brut.

 

Mais pas de transformation sans sécurité. Le message est passé : aucun projet industriel ne tiendra la route si la prévention reste en annexe. Le DUERI est présenté comme la boussole pour aligner investisseurs, sous-traitants et autorités locales sur les mêmes standards.

 

En quittant la salle Étienne Makagha, Françoise Assengone Obame et Lubin Ntoutoume ont laissé une consigne claire. La culture de prévention ne se décrète pas dans un discours, elle se vit dans les ateliers, les entrepôts et les chantiers. À Port-Gentil, le compte à rebours est lancé pour que la sécurité devienne la norme, pas l’exception.

 

Aimé Jordan PANGO 

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