Akanda : Regard plante son drapeau au centre et veut jouer les arbitres du jeu politique gabonais

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Le Week-end dernier, Akanda a vibré au rythme d’un parti qui sortait de l’ombre. Regard y a tenu son tout premier congrès extraordinaire. Salle pleine, invités venus d’horizons différents, discours posés. L’objectif était clair : montrer que Regard existe, qu’il s’organise, et qu’il ne compte pas faire de la figuration. Verdict : le parti assume un cap centriste et veut s’imposer comme la voix qui parle “terre à terre” aux Gabonais.

Pas de stade, pas de show. Regard a planté son congrès dans la commune d’Akanda, sous l’œil des nouvelles autorités qui encadrent désormais la vie des partis. Message envoyé : on respecte les règles, on joue franc-jeu. La présence de Camélia NTOUTOUME LECLERCQ pour le PDG et de cadres d’Ensemble pour le Gabon donne au congrès un parfum de “rencontre nationale” plus que de réunion de famille. REGARD ne parle pas dans le vide : il parle avec les autres.

Le président de REGARD a planté le décor sans langue de bois. Santé, école, panier de la ménagère, cohésion sociale : voilà ses priorités. Il ne promet pas la lune. Il promet de redescendre la politique sur le trottoir, dans les marchés, dans les dispensaires. C’est un pari risqué au Gabon, où les discours grandiloquents font souvent recette. REGARD choisit la ligne du “problème par problème”. L’argument tient : les citoyens ne demandent pas des idéologies, ils demandent des solutions qui changent leur quotidien.

REGARD ne veut ni extrême gauche ni extrême droite. Il se positionne au centre, près des gens. Traduction : justice sociale oui, mais réaliste. Équité oui, mais applicable. Proximité oui, pas seulement en campagne. Dans un paysage politique souvent crispé entre camps, ce positionnement peut séduire l’électeur fatigué des affrontements. L’électeur qui veut qu’on règle la facture d’hôpital avant de faire la leçon de morale.

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Le parti n’a pas perdu son temps en incantations. Travaux concrets : mise en place des bureaux, création de commissions, toilettage des textes, nomination des nouveaux responsables. Autrement dit, REGARD s’équipe. Un parti qui ne structure pas ses bases meurt au premier vent électoral. Là, REGARD pose les briques : qui fait quoi, qui parle au nom de qui, comment on décide. C’est moins sexy qu’un slogan, mais c’est ce qui fait tenir sur la durée.

Regard dit vouloir contribuer à un Gabon plus juste, plus égalitaire, plus à l’écoute. Beau programme. La différence, c’est la méthode affichée : organisation, discipline, ancrage local. Le parti veut prouver qu’on peut faire de la politique autrement : moins de bruit, plus de présence. Moins de promesses lointaines, plus d’actions vérifiables. Si cette ligne est tenue, Regard peut grignoter l’espace laissé vacant par les électeurs déçus.

Le congrès d’Akanda n’est pas une fin. C’est un acte de naissance officiel. REGARD sort du papier, se dote d’organes, revendique le centre et promet de coller aux réalités des Gabonais. Maintenant commence la vraie épreuve : transformer les commissions en résultats, les intentions en présence de terrain. Si le parti tient ce cap, il peut devenir ce troisième chemin que beaucoup appellent de leurs vœux : ni affrontement stérile, ni immobilisme, mais une politique utile.

 

Aimé Jordan PANGO 

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